Deux ans après leur spectaculaire accession au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor Ousmane Sonko semblent suivre des trajectoires politiques de plus en plus distinctes. Entre affirmation de l’autorité présidentielle et rivalités au sein du camp de la rupture, le Sénégal entre dans une nouvelle phase de son histoire politique.
L’heure de l’émancipation
Élu sous l’impulsion d’Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye est désormais confronté à un défi majeur : exister politiquement par lui-même. Le chef de l’État cherche à exercer pleinement les prérogatives que lui confère la Constitution, quitte à s’affranchir de l’influence de celui qui demeure une figure centrale du PASTEF. Cette évolution traduit la volonté de construire une présidence incarnée, indépendante des rapports de fidélité qui avaient marqué la conquête du pouvoir.
Le poids du pouvoir
L’exercice du pouvoir impose des arbitrages souvent éloignés des promesses de campagne. Diplomatie, équilibres économiques, attentes des partenaires internationaux et impératifs de stabilité conduisent Diomaye Faye à privilégier une approche pragmatique. Cette posture contraste parfois avec le discours plus offensif d’Ousmane Sonko, alimentant les interrogations sur la cohésion de l’exécutif.
Une majorité sous tension
Au sein du camp présidentiel, les lignes de fracture deviennent plus visibles. Entre les fidèles du président et ceux qui restent avant tout attachés à Sonko, la compétition pour l’influence s’intensifie. Le défi consiste désormais à préserver l’unité de la majorité sans compromettre l’efficacité de l’action gouvernementale.
La bataille de l’opinion
Conscient que la légitimité se construit aussi dans l’opinion publique, Bassirou Diomaye Faye multiplie les initiatives pour apparaître comme le garant de la stabilité institutionnelle. Son objectif est de convaincre que la « rupture » peut s’inscrire dans la durée sans céder aux affrontements internes.
Vers une nouvelle recomposition politique
Au-delà des relations personnelles entre les deux dirigeants, c’est l’avenir du projet politique porté par le PASTEF qui est en jeu. Si le dialogue l’emporte, le Sénégal pourrait préserver la dynamique de changement engagée en 2024. En revanche, une rupture ouverte entre Diomaye Faye et Sonko ouvrirait une période d’incertitude, susceptible de redessiner durablement les équilibres politiques du pays.












