Quand les arbres mesurent l’avenir du monde.
Trente ans après leurs premiers pas communs, Yaoundé et l’organisation environnementale scellent un nouvel accord stratégique. Un partenariat pragmatique face aux urgences du Bassin du Congo.
À l’Hôtel Concorde International de Yaoundé, l’ambiance ce 10 septembre 2026 ne trompe personne : la signature du mémorandum d’entente révisé entre le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et le WWF ressemble fort à un mariage de longue date qui renouvelle ses vœux. Trente-six ans après l’implantation de l’ONG au Cameroun, ce troisième accord quadripartite redéfinit les contours d’une diplomatie environnementale où l’exigence le dispute au pragmatisme.
Un tandem éprouvé à l’épreuve des crises
Sous l’impulsion de Jules Doret Ndongo, le MINFOF a su imposer une cadence que salue ouvertement la direction de l’ONG. Entre gestion des aires protégées, lutte contre le braconnage et encadrement des écogardes, le partenariat ne se résume plus à une simple clause de style. L’arrivée de Nadege Nzoyem à la tête de la région du Bassin du Congo insuffle une dynamique nouvelle, axée sur la rigueur scientifique et l’ancrage territorial. Dans ces neuf parcs et quatre paysages majeurs où se joue l’avenir de la biodiversité, le dialogue permanent entre l’État et l’organisation s’impose comme un rempart contre la déforestation.
L’impératif communautaire et la souveraineté retrouvée
Au-delà des grands équilibres climatiques, le texte érige en priorité absolue l’implication des peuples autochtones et des communautés locales. C’est là le véritable défi de cette décennie : concilier la souveraineté républicaine du Cameroun avec le respect des droits humains sur le terrain. Alors que les pressions s’accroissent sur les écosystèmes forestiers, ce pacte renouvelé prouve que la conservation moderne ne peut s’écrire sans l’adhésion des populations. Un pari sur l’avenir, entre fermeté institutionnelle et sagesse partagée.













