En inaugurant la nouvelle usine Denky à Bangou, dans la région de l’Ouest, le gouvernement camerounais affiche sa volonté d’accélérer la transformation locale des produits agricoles.
Au-delà de la symbolique, cette infrastructure portée par META INVEST illustre l’ambition de faire de l’industrialisation un levier de souveraineté économique, de création d’emplois et de conquête des marchés africains.
Une usine au cœur du bassin agricole de l’Ouest
Le choix de Bangou ne relève pas du hasard.
Située dans l’un des principaux bassins agricoles du Cameroun, cette localité des Hauts-Plateaux dispose d’un potentiel important en maïs, pommes de terre et fruits.
Désormais, ces productions ne seront plus uniquement écoulées sous forme brute. Elles pourront être transformées localement grâce à la nouvelle unité industrielle Denky, inaugurée le 26 juin par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence du ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe.
Érigée sur un domaine de trois hectares, l’usine affiche une capacité annuelle de 5 200 tonnes et produira cinq gammes de produits destinés aussi bien au marché national qu’aux débouchés régionaux.
L’industrialisation comme stratégie économique
À travers cette réalisation, l’État poursuit un objectif clairement assumé : substituer progressivement les importations alimentaires par une production locale à forte valeur ajoutée.
Pour le ministre du Commerce, cette politique répond à la vision d’une transformation structurelle de l’économie nationale, où les matières premières agricoles deviennent le socle d’une véritable industrie agroalimentaire.
Cette dynamique est portée par META INVEST et sa dirigeante, Lisette Claudia Tame Soumedjong, déjà à l’origine des unités de transformation du cacao de Mbankomo et de Dimako.
En quelques années, l’entreprise s’impose comme l’un des acteurs privés les plus offensifs dans le secteur agro-industriel.
Cap sur la ZLECAf
Au-delà des frontières camerounaises, Denky regarde vers le vaste marché ouvert par la Zone de libre-échange continentale africaine.
L’ambition est claire : faire du label « Made in Cameroon » un produit compétitif sur un marché de plus d’un milliard de consommateurs.
Avec plus de 100 emplois directs et près de 450 emplois indirects annoncés, l’usine devrait également renforcer les revenus des producteurs locaux, limiter l’exode rural et stimuler l’entrepreneuriat agricole.
Si les défis liés à l’approvisionnement, à la compétitivité et à la logistique demeurent, Bangou offre une illustration concrète d’une industrialisation ancrée dans les territoires.
Plus qu’une inauguration, c’est un signal adressé aux investisseurs : la transformation locale est désormais au cœur de la stratégie de développement économique du Cameroun.












