Un mirage économique sur les côtes camerounaises
Le port en eau profonde de Kribi s’est imposé comme une promesse pharaonique, injectant des milliards de francs CFA dans les caisses de l’État pour devenir le premier terminal à conteneurs du pays. Pourtant, derrière les grues imposantes et les quais rutilants, le dernier indice de performance de la Banque Mondiale et de S&P Global douche l’enthousiasme : Kribi dégringole à la 395e place mondiale sur 400.
La lente agonie des conteneurs à terre
Sur le terrain, le contraste est saisissant. Les navires passent la moitié de leur temps immobilisés, prisonniers d’une bureaucratie douanière rigide et de goulets d’étranglement terrestres majeurs. Le manque de voies ferrées performantes et le calibrage défaillant des axes routiers vers l’interland asphyxient la fluidité des marchandises. Les structures étatiques peinent à suivre le rythme des géants des mers, transformant une vitrine technologique en gouffre logistique.
L’heure du choix terrestre
Pour espérer s’imposer comme le véritable hub de l’Afrique centrale, le Cameroun doit désormais reporter ses efforts sur le bitume et le rail. La solution ne réside plus dans l’immensité des infrastructures portuaires, mais dans la fluidification des corridors et la numérisation administrative pour que l’efficacité technique rattrape enfin les ambitions financières du pays.











