À un an de l’ouverture de la campagne pour la présidence de la FIFA, les tensions entre Gianni Infantino et plusieurs fédérations européennes prennent une dimension stratégique. Au-delà des désaccords sur les réformes et les revenus du football, c’est une lutte d’influence entre deux conceptions de la gouvernance mondiale qui se joue, avec l’Afrique en arbitre potentiel.
Le fossé se creuse
Longtemps alliées sur les grands dossiers du football international, la FIFA et l’UEFA affichent désormais leurs divergences. Plusieurs fédérations européennes reprochent à Gianni Infantino une gouvernance jugée trop centralisée, où les grandes orientations sont décidées à Zurich avant d’être soumises aux associations nationales. Les critiques portent également sur l’expansion continue des compétitions internationales, accusée d’alourdir un calendrier déjà saturé.
Une guerre d’influence
Derrière les débats institutionnels se cache une réalité plus politique : la redistribution du pouvoir au sein du football mondial. Depuis son arrivée à la tête de la FIFA, Gianni Infantino s’est attaché à renforcer les liens avec les fédérations d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Amérique latine, qui représentent la majorité des 211 associations membres. Cette stratégie réduit progressivement la capacité de l’Europe à imposer seule son agenda.
L’UEFA conserve pourtant un atout majeur : elle génère l’essentiel des revenus commerciaux du football mondial grâce à ses clubs, à ses compétitions et à son attractivité économique. Ce poids financier nourrit sa volonté de peser davantage dans les décisions stratégiques.
L’Afrique, nouvel épicentre des équilibres
Dans ce bras de fer, les 54 fédérations africaines apparaissent comme un bloc déterminant. Leur soutien peut influencer les grands choix de la FIFA, notamment lors de l’élection présidentielle de 2027. Pour Gianni Infantino, préserver cette alliance est une priorité diplomatique.
Au fond, cette confrontation dépasse la seule gouvernance sportive. Elle traduit l’émergence d’un football devenu un espace de rivalités géopolitiques, où le pouvoir ne se mesure plus seulement aux trophées remportés, mais aussi à la capacité de bâtir des coalitions, d’attirer les investissements et d’influencer les règles du jeu. La crise actuelle pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire du football mondial, celui d’un ordre moins européen et résolument plus multipolaire.











