L’artiste musicien Moukassi Lambo, plus connu sous le nom de Toucouleur, est actuellement dans un état critique à l’hôpital Laquintinie de Douala. Figure marquante du Makossa, il a fait danser plusieurs générations avec son style particulier, le Mako-USA, mélange de Kwassa Kwassa, de Mako-Zouk et de Soukouss. Son surnom remonte à son enfance, lorsqu’étant très souvent malade, sa mère aurait lâché : « Vraiment, cet enfant me fera voir de toutes les couleurs ». À 12 ans, dans le quartier Akwa à Douala, il commence à jouer avec des instruments de fortune fabriqués avec ses camarades et compose ses premières chansons. Il abandonne ensuite ses études en seconde G2 au collège Integ pour se consacrer à la musique.
Toucouleur fait ses premiers pas dans les orchestres scolaires, notamment au Levant et à Integ, avant d’être repéré par des artistes confirmés comme Jean-Paul Mondo, qui fait régulièrement appel à lui comme danseur. Avec Ngoye Jeka, il réalise ses premières maquettes et fréquente les cabarets de la rue Mermoz, où il côtoie notamment Manulo Nguimé et Richard Bona. Sa rencontre avec Lancelaux-Foty, promoteur des éditions RainBaiw, lors d’une tournée de Toto Guillaume, accélère sa carrière. Il intègre ensuite un trio Mako-USA avec Roger Etia et Alfred Ntonga. En 1987, il explose avec « Papa Soukouma ». Son talent de showman s’impose alors au Cameroun, notamment après une prestation remarquée dans Télé Podium, présentée par Elvis Kemayo sur la CRTV. Au cours de sa carrière, il effectue des tournées en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo, en République centrafricaine, au Tchad et à Sao Tomé-et-Principe. Son parcours discographique comprend notamment « Papa Soukouma » (1987), « Dernière Solution » (1989), « Ministère de l’Ambiance » (1995), « Wepe » (1997), « Pea Pea » (1998) et « Mabongo Fédéral » (2002).
Mais derrière le succès, les épreuves de santé ont également marqué son parcours. Déjà très malade durant son enfance, Toucouleur avait connu une nouvelle période difficile dans les années 2000, suscitant alors une mobilisation de ses fans. Depuis plusieurs années, éloigné des grandes scènes, il consacrait son quotidien à la gestion d’un débit de boissons situé à Akwa, rue Sylvanie, près du studio de production Makassi, établissement qu’il avait ouvert avec son épouse et dont il avait ensuite assuré seul la gestion après le décès de celle-ci. Aujourd’hui, celui qui a fait danser des générations de Camerounais traverse une nouvelle épreuve. Toucouleur est dans un état critique à l’hôpital Laquintinie de Douala. Le monde de la musique camerounaise retient son souffle pour l’un de ses enfants les plus emblématiques.











