Dans un communiqué de presse au ton ferme, le Collège des notables de Bonèleke (Bonambela), qu’il présente comme l’instance coutumièrement compétente pour le choix du chef traditionnel du Canton Akwa, conteste la sortie médiatique du Gouverneur de la Région du Littoral, contenue dans le communiqué numéro 00301/CRP/C/SP du 28 septembre 2026. Les notables dénoncent ce qu’ils considèrent comme une ingérence de l’administration dans une affaire coutumière et contestent, par la même occasion, la qualité de chef traditionnel attribuée à Louis Din Dika. Sur la forme, le Collège des notables soutient qu’aucun texte du droit administratif camerounais ne confère au Gouverneur compétence pour intervenir dans une cérémonie privée présentée comme un « sacre ». Il invoque notamment le décret numéro 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles, estimant que ce texte ne prévoit ni « sacre », ni « intronisation », ni titre de « King » ou de « Roi » dans l’organisation officielle des chefferies traditionnelles au Cameroun.
Le communiqué va plus loin en estimant que l’utilisation de ces appellations, ainsi que l’appel public lancé à des participants et à des sponsors, pourrait relever, selon les circonstances et les éléments constitutifs retenus, d’infractions prévues par le Code pénal camerounais, notamment celles visées aux articles 74, 318 et 321. Sur le fond, la Notabilité de Bonèleke conteste la régularité du processus ayant conduit à la désignation de Louis Din Dika et demande la production des pièces prévues par le décret de 1977. Elle cite notamment le procès-verbal du choix du prince héritier par la famille royale, prévu à l’article 8 ; l’arrêté préfectoral convoquant les consultations, conformément à l’article 10 ; le procès-verbal des consultations et les auditions des notables compétents, visés aux articles 11 et 12 ; ainsi que la lettre de transmission du dossier par le Préfet à sa hiérarchie, conformément aux articles 13 et 15.
Les notables réclament également l’original de l’arrêté du Premier ministre portant désignation de Louis Din Dika, ainsi que sa publication au Journal officiel, qu’ils présentent comme nécessaire à son opposabilité aux tiers. Selon leur position, à défaut de production de ce dossier administratif complet, la qualité de chef traditionnel de Louis Din Dika ne serait pas établie. Enfin, le Secrétaire du Collège des notables invoque la loi numéro 90/055 du 19 décembre 1990 relative au régime des réunions et des manifestations publiques au sujet de l’événement annoncé pour le 10 octobre 2026. Selon le communiqué, les mesures relevant de l’ordre public dans ce cadre relèvent de la compétence de l’autorité administrative territorialement habilitée, notamment le Sous-Préfet. Les notables estiment ainsi que toute intervention du Gouverneur visant à imposer une conduite à tenir au sujet de cette manifestation pourrait, selon les circonstances et les compétences légalement définies, soulever une question d’excès de pouvoir ou d’abus de fonction.











