L’affaire des « lunettes d’Alamine Ousmane Mey » connaît un nouvel épisode. Après plusieurs jours de détention, les quatre journalistes concernés par cette affaire ont été libérés le 21 septembre 2026. Deux jours plus tard, mercredi 23 septembre, François Essomba, Igor Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djuikam ont été reçus en audience par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. La rencontre s’est déroulée en présence d’une délégation du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), qui accompagne les journalistes depuis le déclenchement de cette affaire. Au cours des échanges, les professionnels de l’information ont exposé leur expérience depuis leur interpellation et leur passage en détention. François Essomba a notamment pris la parole pour revenir sur ses conditions de détention. Il a également indiqué qu’il était désormais sous traitement médical depuis sa sortie de prison. Les discussions ont ainsi permis aux journalistes de présenter directement au ministre de la Communication les conséquences qu’ils disent avoir subies à la suite de leur détention.
Le SPIC a profité de cette audience pour formaliser ses principales revendications. Par la voix de sa représentante, Valgadine Tonga, le syndicat a demandé des excuses publiques aux quatre journalistes concernés et, plus largement, à l’ensemble de la profession. Il réclame également une réparation financière et morale au titre du préjudice subi. Troisième exigence : l’abandon définitif de la procédure judiciaire engagée dans cette affaire. Ces demandes constituent, selon le syndicat, les principales conditions pour permettre une sortie de crise. La rencontre n’a toutefois pas conduit à la levée du mot d’ordre syndical. Le SPIC a confirmé le maintien de son boycott des activités du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT). Cette position intervient alors que l’affaire avait déjà suscité des réactions au sein de la corporation journalistique. Le syndicat a également indiqué qu’il se réservait le droit d’engager des poursuites judiciaires, laissant ainsi ouverte la possibilité d’une nouvelle bataille sur le terrain juridique. Du côté du gouvernement, René Emmanuel Sadi a exprimé ses regrets face à la situation vécue par les quatre journalistes.
Le ministre de la Communication a également indiqué vouloir poursuivre les démarches en faveur de l’apaisement auprès de son collègue du gouvernement, Alamine Ousmane Mey. Cette médiation intervient alors que les revendications du syndicat portent notamment sur la réparation du préjudice et sur la situation judiciaire des journalistes. Mais la libération du 21 septembre ne met pas automatiquement fin au dossier. Le secrétaire général du ministère de la Communication, Félix Zogo, a rappelé au cours des échanges que la remise en liberté des quatre professionnels ne pouvait pas être assimilée à un classement sans suite. Autrement dit, tant qu’aucun acte formel ne vient clôturer la procédure, le dossier judiciaire demeure ouvert et les journalistes peuvent, en l’état, être de nouveau convoqués par les enquêteurs. Cette précision entretient l’incertitude autour de l’issue de l’affaire. D’un côté, les quatre journalistes sont désormais libres et le ministre de la Communication annonce la poursuite des démarches d’apaisement. De l’autre, le SPIC maintient ses revendications et son boycott des activités du MINEPAT, tandis que la procédure judiciaire n’est pas formellement close. L’audience du 23 septembre constitue donc une nouvelle étape dans les discussions, sans pour autant solder le différend opposant les journalistes, leur syndicat et les différentes parties impliquées dans cette affaire.












