Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a reçu le 23 septembre 2026 une délégation du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), au lendemain de la libération sous caution des quatre journalistes interpellés dans le cadre de l’affaire dite des « lunettes d’Alamine Ousmane Mey ». Au cours des échanges, le syndicat a exposé les conditions de l’interpellation et de détention de ses membres, ainsi que les suites judiciaires encore pendantes. Le SPIC était représenté par Tonga Valgadine et Eb Elle Denise, en présence notamment de représentants du Réseau des patrons de presse (REPAC) et du secrétaire général du ministère de la Communication, Félix Zogo. Selon le communiqué syndical Numéro 010/BE/26 publié le 24 septembre par le président du Bureau national du SPIC, Thierry Eba, l’organisation a précisé que sa démarche ne constituait pas une opposition au gouvernement, mais une contestation des agissements qu’elle attribue à un individu, accusé par le syndicat d’avoir « déshumanisé, chosifié et humilié » des professionnels des médias.
Au cours de l’audience, le journaliste François Essomba aurait également fait état de son état de santé. Selon le compte rendu du SPIC, un premier bilan médical aurait recommandé 21 jours d’observation médicale. Le syndicat affirme que cette situation concerne également les trois autres journalistes. Malgré leur remise en liberté sous caution, les quatre professionnels restent concernés par la procédure ouverte au Commissariat central numéro 1 de Yaoundé, une situation que le SPIC souhaite voir définitivement close. Le syndicat a ainsi renouvelé plusieurs revendications. Il demande notamment au ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, de présenter des excuses publiques aux quatre journalistes concernés ainsi qu’à l’ensemble de la corporation. Le SPIC réclame également une réparation des préjudices qu’il affirme avoir été subis et l’annulation des poursuites encore pendantes au Commissariat central numéro 1 de Yaoundé. D’après le communiqué syndical, René Emmanuel Sadi a exprimé son « profond regret » concernant les violations de procédure évoquées par la délégation.
Le ministre aurait également indiqué partager les préoccupations exposées par le SPIC et affirmé son soutien aux journalistes et à leur organisation syndicale. Toujours selon le document, il s’est engagé à intervenir dans les heures suivantes afin de parvenir au classement définitif de la procédure. Le SPIC dit prendre acte de cette position et des engagements annoncés au cours de l’audience. Le syndicat maintient toutefois sa vigilance et conditionne l’évolution de sa position à la concrétisation effective de ces engagements. Dans l’attente, le Bureau national du SPIC maintient son mot d’ordre de boycott systématique des événements, cérémonies et couvertures médiatiques relevant du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Le document syndical, signé le 24 septembre 2026 à Yaoundé par Thierry Eba, président du Bureau national du SPIC, constitue la source de ces différentes déclarations et revendications.











