Après les législatives israéliennes du 27 octobre 2026, Benjamin Netanyahou se retrouve face à l’une des plus sérieuses épreuves de sa carrière politique. Privé de majorité parlementaire, fragilisé par le recul de son camp et concurrencé par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, le Premier ministre voit son avenir suspendu aux négociations de coalition. Mais en Israël, la fin d’un règne n’est jamais synonyme d’effacement définitif.
Le « roi Bibi » face à l’érosion du pouvoir
Longtemps considéré comme le maître incontesté de la scène politique israélienne, Benjamin Netanyahou voit sa domination sérieusement contestée. Le Likoud, sa formation, demeure le premier parti avec 27 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Pourtant, son bloc nationaliste et religieux ne totalise que 53 élus, loin des 61 nécessaires pour gouverner.
En face, l’opposition conduite par Gadi Eisenkot rassemble 48 sièges. Les formations arabes, créditées de 19 élus, détiennent désormais les clés d’une éventuelle recomposition parlementaire. Ce résultat traduit une défiance persistante à l’égard du chef du gouvernement, notamment après les défaillances sécuritaires du 7 octobre 2023 et les conséquences des conflits régionaux.
Gadi Eisenkot, l’alternative crédible
Ancien chef d’état-major, Gadi Eisenkot s’impose comme le principal rival de Netanyahou. Six formations parlementaires, représentant 67 députés, l’ont recommandé à la présidence pour former le prochain gouvernement, contre 46 en faveur du Premier ministre sortant.
Le président Isaac Herzog doit désigner dimanche 8 novembre le candidat chargé de constituer une coalition. Eisenkot dispose d’un avantage politique, mais sa tâche demeure complexe : réunir des forces aux sensibilités idéologiques parfois antagonistes, tout en négociant avec les partis arabes et les formations ultraorthodoxes.
La résurrection ou le crépuscule ?
Netanyahou n’a pas encore dit son dernier mot. Maintenu à la tête d’un gouvernement intérimaire, il pourrait profiter des blocages de l’opposition pour prolonger son influence. Une impasse parlementaire ouvrirait même la perspective de nouvelles élections.
Toutefois, son procès pour corruption, les fractures de la société israélienne et les interrogations sur sa stratégie sécuritaire pèsent sur son héritage.
L’heure n’est donc pas encore à l’enterrement politique de Benjamin Netanyahou. Mais une page se tourne. L’issue des négociations dira si « Bibi » peut encore renaître de ses crises ou si Israël s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire politique.












