Pendant plus de deux décennies, son visage, son sourire et sa diction impeccablement maîtrisée ont rythmé le quotidien de millions de foyers camerounais. Figure incontournable de la Télévision Nationale (CRTV) avant d’apporter sa notoriété et son savoir-faire à la chaîne privée Vision 4, Nadine Patricia Mengue incarnait le sommet de la réussite médiatique. Présentatrice vedette d’émissions phares du paysage audiovisuel comme Tam-Tam Week-end ou Tube Vision, elle symbolisait le glamour, le dynamisme, la sophistication et l’élégance cathodique. Pourtant, au sommet d’une carrière télévisuelle que beaucoup pensaient immuable, l’animatrice vedette a choisi de s’éloigner progressivement des plateaux de tournage, des studios d’enregistrement et des artifices du show-business. Aujourd’hui, l’ancienne icône du petit écran ne fait plus parler d’elle pour la présentation des derniers hits musicaux ou pour ses tenues de plateau, mais pour un engagement d’une tout autre nature : la consécration totale de sa vie au ministère évangélique. Ce passage du monde de la communication et du divertissement à celui de la chaire constitue une rupture radicale dans sa trajectoire publique.
L’ex-journaliste a officiellement troqué le micro de télévision contre celui de la prédication religieuse. Désormais consacrée à l’évangélisation, elle met son éloquence, sa maîtrise de l’image et son charisme naturel au service d’un message centré sur la foi, la spiritualité, la repentance et la transformation personnelle. Pour une grande partie du public qui l’a vue grandir et s’imposer sur les écrans pendant des années, cette reconversion spirituelle a agi comme un véritable électrochoc. Au plus fort de sa célébrité médiatique, Nadine Patricia Mengue représentait un idéal de beauté pour une génération entière de téléspectatrices. Cette popularité lui avait ouvert les portes de contrats d’égérie particulièrement lucratifs avec de grandes marques de produits cosmétiques. De nombreuses campagnes d’affichage, spots publicitaires et panneaux routiers arboraient son visage pour promouvoir des gammes de soins éclaircissants. Récemment, dans un élan de vérité et de transparence morale, l’ancienne star de la télévision est revenue publiquement et de manière détaillée sur cette période de sa vie. Lors d’une intervention poignante, elle a formulé une demande de pardon officielle et publique à l’intention de son public, reconnaissant avoir, par son statut, son image et ses choix professionnels passés, encouragé, véhiculé et banalisé la pratique de la dépigmentation de la peau couramment appelée le « décapage ».
Elle a expliqué avec émotion mesurer aujourd’hui l’impact destructeur de ces normes de beauté sur la santé physique et la psyché de nombreuses femmes africaines. Dans cette même prise de parole, Nadine Patricia Mengue a tenu à apporter une clarification fondamentale et ferme : elle a publiquement dénoncé l’utilisation abusive, illégale et continue de son image par plusieurs marques de cosmétiques. Ces entreprises continuent, en effet, d’exploiter ses anciens visuels de campagne et sa notoriété passée pour commercialiser des produits éclaircissants à son insu, entretenant l’illusion d’un partenariat toujours d’actualité. En s’attaquant ouvertement à ces pratiques mercantiles, elle a formellement sommé ces acteurs industriels de cesser d’associer son nom et son visage à des produits qu’elle désavoue désormais sans réserve. En posant ces actes d’une grande portée symbolique, l’ancienne journaliste opère une déconstruction totale des diktats de la beauté artificielle qu’elle a elle-même contribué à populariser par le passé. Elle s’érige aujourd’hui en fervente défenseure de la beauté naturelle, de la préservation de la carnation d’origine et de l’acceptation de soi.












