L’émotion est vive à Yaoundé après la mise au jour d’une situation de séquestration particulièrement alarmante au sein d’une communauté religieuse. Une opération de contrôle administratif et de police, initialement routinière, a pris une tournure dramatique ce mercredi dans le 4ᵉ arrondissement de la capitale politique camerounaise.
Plusieurs fidèles, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants mineurs, ont été découverts enchaînés à l’intérieur d’une église de réveil située en plein cœur du quartier Nkoldongo.
L’intervention a été menée par les autorités locales sous la direction du sous-préfet de Yaoundé IV. Cette descente sur le terrain s’inscrivait dans le cadre d’une campagne de régularisation et d’assainissement des établissements religieux.
L’objectif premier de cette mission était d’identifier et de sanctionner les lieux de culte exerçant de manière clandestine, en dehors du cadre légal et sans les autorisations officielles requises par le ministère de l’Administration territoriale.
En pénétrant dans les locaux de cette église de réveil, les équipes administratives et les forces de l’ordre ont été confrontées à un spectacle insoutenable. Des femmes et de jeunes enfants étaient privés de leur liberté de mouvement la plus élémentaire, retenus au sol ou à des structures fixes par des chaînes métalliques.
Selon les premiers éléments recueillis, ces personnes étaient soumises à ces traitements dégradants sous prétexte de cures spirituelles, de séances d’exorcisme ou de rituels de délivrance visant à guérir des maladies ou à chasser des démons.
Cette découverte flagrante remet en lumière les dérives récurrentes de certains établissements confessionnels non homologués qui prolifèrent dans les centres urbains.
Face à la gravité de la situation, l’autorité administrative a immédiatement ordonné la libération et la prise en charge des victimes. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités pénales des dirigeants et du personnel de cette congrégation, qui devront répondre de faits de séquestration, de maltraitance et d’exercice illégal d’une activité religieuse.
Le sous-préfet de Yaoundé IV a réaffirmé la détermination ferme de l’État à poursuivre ces contrôles systématiques de manière rigoureuse. Les autorités ont averti que les fermetures définitives de structures clandestines allaient s’intensifier sur l’ensemble de la municipalité afin de protéger les populations et de mettre un terme définitif aux abus commis sous le couvert de la foi.













