La Communauté urbaine de Yaoundé franchit un cap financier et opérationnel majeur pour l’année 2026. À l’issue de sa 26e session ordinaire, le Conseil de la Communauté urbaine a validé une réaffectation massive de ressources : une enveloppe globale de 6,8 milliards de francs CFA va être intégralement injectée dans des projets d’amélioration, de réhabilitation et d’extension de la voirie urbaine de la capitale politique du Cameroun.
Ce financement ne repose ni sur un nouvel endettement ni sur une hausse de la fiscalité locale, mais sur la performance financière de l’année précédente. L’activation de cette enveloppe de 6,8 milliards de FCFA découle directement des résultats comptables de l’exercice budgétaire 2025.
Les conseillers municipaux, réunis lors de cette 26e session de la CUY, ont voté à l’unanimité la constatation et l’affectation de l’excédent budgétaire généré en 2025. Cet excédent représente la marge positive entre les recettes réelles perçues par la municipalité et les dépenses effectivement liquidées au cours de l’exercice clos.
Plutôt que de thésauriser ces fonds ou de les diluer dans des charges de fonctionnement comme les salaires, le matériel de bureau ou les frais de représentation, le Conseil a acté leur basculement réglementaire vers la section d’investissement, avec un ciblage exclusif sur les infrastructures routières.
La voirie urbaine de Yaoundé fait face à des défis structurels majeurs, notamment la dégradation précoce de la chaussée due au climat, la saturation du trafic et l’enclavement de certains quartiers périphériques.
L’enveloppe débloquée vise à financer des interventions réparties en trois grands axes techniques.
D’abord, une part significative des fonds est allouée au traitement des points critiques, tels que les nids-de-poule et les affaissements sur les artères principales de la cité, ainsi qu’au bitumage ou au reprofilage des voies secondaires qui permettent de délester le trafic des axes majeurs.
Ensuite, comme l’un des facteurs principaux de la destruction des routes à Yaoundé reste la stagnation des eaux de pluie, les projets intègrent la construction et le curage de caniveaux, de buses et de fossés maçonnés pour garantir la durabilité du réseau routier renforcé.
Enfin, les investissements prévus pour 2026 ciblent également des voies de raccordement entre les différentes communes d’arrondissement, de Yaoundé I à Yaoundé VII, visant à fluidifier la mobilité transversale sans obliger les usagers à transiter systématiquement par le centre-ville historique, à l’instar de la Poste centrale ou du Boulevard du 20 mai.
En vertu du Code général des collectivités territoriales décentralisées au Cameroun, la Communauté urbaine de Yaoundé détient la compétence exclusive en matière de création, d’entretien et de gestion des voies structurantes de l’agglomération, les communes d’arrondissement gérant uniquement les pistes et voies de desserte interne.
Cette injection massive de 6,8 milliards de FCFA, validée d’un commun accord par les élus locaux, positionne la gestion des infrastructures comme la priorité absolue de l’exécutif communautaire pour l’exercice 2026, avec pour objectif direct de réduire le coût économique des embouteillages et d’améliorer la sécurité routière dans la capitale.











