Par un communiqué officiel rendu public ce 11 juillet 2026, l’opposition réformatrice, sous la signature de M. Issa Tchiroma Bakary revendiquant le statut de Président Élu, a annoncé la saisie formelle des autorités judiciaires de la Confédération helvétique.
Cette démarche consiste en le dépôt de deux plaintes pénales avec constitution de partie civile auprès du Ministère Public de la Confédération près le Tribunal Pénal Fédéral de Bellinzone.
Cette offensive juridique s’appuie rigoureusement sur le fondement de la compétence universelle, une disposition du droit international permettant à un État de poursuivre les auteurs de crimes particulièrement graves, indépendamment du lieu où ils ont été commis ou de la nationalité des coupables et des victimes.
Les requérants invoquent spécifiquement deux instruments internationaux majeurs : la Convention de New York du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que la Convention du 20 décembre 2006 contre les disparitions forcées.
Cette action s’inscrit en droite ligne du précédent du 12 juin 2026, date à laquelle les autorités judiciaires françaises avaient déjà été saisies sur les mêmes fondements juridiques.
L’action introduite en Suisse se segmente en deux dossiers de plaintes distincts et documentés.
Le premier volet est transversal et collectif : il englobe l’ensemble des exactions, massacres, actes de torture et vagues d’interpellations arbitraires perpétrés contre les citoyens camerounais au lendemain du scrutin d’octobre 2025.
Le document dénonce une « violence étatique érigée en système de gouvernance par la peur » et mentionne expressément des figures de la dissidence telles que Jacques Bertrand Mang et le maire Joseph-Espoir Biyong, visés par des harcèlements et interpellations policières récents.
Le second volet, d’une gravité symbolique extrême, est une plainte nominative et spécifique centrée sur le dossier de l’assassinat de l’homme politique Anicet Ekané.
Ce meurtre commis dans le contexte post-électoral constitue, pour les plaignants, la preuve d’un ciblage méthodique des figures de proue de la contestation civile.
La particularité de cette procédure suisse réside dans la précision des listes annexées, visant sans ambiguïté les dirigeants sortants et les exécutants de terrain.
Au premier rang des mis en cause figure M. Paul Barthélémy Biya Bi Mvondo, désigné comme ancien Chef d’État, dont les séjours réguliers à l’hôtel Intercontinental de Genève sont explicitement mentionnés comme un facteur d’opportunité pour la justice helvétique.
À ses côtés, la plainte cible de hauts dignitaires de l’appareil d’État, notamment Ferdinand Ngoh Ngoh (ancien Secrétaire Général de la Présidence), Paul Atanga Nji (ancien Ministre de l’Administration Territoriale), Joseph Beti Assomo (ancien Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense), ainsi que les autorités électorales Clément Atangana (Président du Conseil Constitutionnel) et Erik Essousse (Directeur Général des Élections).
Plus remarquable encore, les documents fournissent une identification nominative rigoureuse des forces de l’ordre sur le terrain : commissaires divisionnaires, gendarmes, snipers et militaires de Douala, Garoua, Bertoua et Bafoussam, brisant ainsi l’anonymat habituel des actes de répression opérationnelle.
En engageant la responsabilité pénale individuelle des donneurs d’ordres et des exécutants à l’étranger, cette démarche vise à asphyxier l’impunité sur le plan international.
Alors que les collectifs d’avocats, coordonnés notamment par Me Alice Nkom, s’activent pour apporter une assistance humanitaire et judiciaire aux milliers de détenus au Cameroun, les autorités suisses se retrouvent probablement face à leurs obligations internationales de protection des droits humains.











