C’est un véritable tournant pour le paysage énergétique camerounais.
Réuni le 28 mai dernier à l’Hôtel Starland de Yaoundé, le tout premier Conseil d’Administration de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL) a posé les jalons d’une restructuration de grande envergure.
Face à une situation sectorielle tendue, « le Conseil d’Administration engage le redressement de l’entreprise avec la mobilisation des pouvoirs publics », sous la présidence de Monsieur Antoine NTSIMI.
Loin d’une simple réunion de courtoisie, ce conseil a acté des « mesures prioritaires à engager au sein de l’entreprise » pour stabiliser un navire en pleine tempête.
Pour l’exercice 2026, la SOCADEL déploie une artillerie financière massive.
Le Conseil a validé l’« adoption d’un budget 2026, équilibré en recettes et en dépenses, de 630 milliards de FCFA ».
Ce montant colossal illustre l’immensité des défis techniques à bras-le-corps : « 375 milliards consacrés aux achats et transport d’énergie et de combustible » et « 74,6 milliards destinés aux investissements ».
L’enjeu va bien au-delà de la simple comptabilité.
L’objectif stratégique affiché par le top management est de pouvoir « apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».
À cette fin, le Directeur Général se voit investi d’un mandat offensif visant la « mobilisation de nouvelles ressources financières destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la whitespace trésorerie et aux investissements ».
Une restructuration à plusieurs niveaux
Sur le plan managérial, la SOCADEL entame sa mue à travers trois axes chirurgicaux :
- l’« opérationnalisation de la feuille de route gouvernementale du secteur de l’électricité » ;
- le « lancement immédiat des travaux de réforme de la gouvernance de l’entreprise » ;
- la « préparation d’un plan de restructuration et de transformation opérationnelle ».
Sur le terrain, les priorités ont immédiatement été fléchées vers les zones les plus vulnérables du réseau national à travers des « priorisations opérationnelles à fort impact pour les clients résidentiels et industriels ».
Cela se traduira très concrètement par l’« augmentation du budget de consommation de combustible pour le Grand Nord » ainsi que par le déploiement d’un plan d’urgence « pour résorber la situation de déficit dans la Région de l’Est et à Bertoua, pour mise en œuvre immédiate ».
Nominations intérimaires
Preuve que l’urgence commande l’action, le Conseil d’Administration a procédé à la nomination par intérim, pour une « durée maximale de 3 mois », d’une équipe de technocrates projetée aux postes clés :
- Direction Financière : Madame Brigitte Konso épouse Yanda
- Direction des Ressources Humaines : Monsieur Christian Ekambi Koba
- Direction de la Sûreté : Monsieur Léonard Aser Mbong
- Direction de l’Innovation et des Systèmes d’Information : Monsieur Christian Nola Ze
Fort du soutien indéfectible de l’État, la SOCADEL réaffirme par ce geste sa mission centrale : « assurer la continuité du service public de l’électricité tout en contribuant à la stabilité du secteur », en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État, S.E. Paul Biya.
Le compte à rebours est lancé : la nouvelle équipe a trois mois pour transformer l’essai.












