Terrorisme, cybercriminalité, trafics transfrontaliers : face à des réseaux criminels qui exploitent les failles des frontières, aucun État ne peut agir seul. À Yaoundé, la rencontre entre les autorités camerounaises et le président d’Interpol met en lumière un impératif continental : mutualiser les renseignements, coordonner les enquêtes et transformer la coopération policière en résultats concrets.
Yaoundé, carrefour d’un enjeu continental
La sécurité ne se joue plus seulement à l’intérieur des frontières nationales. Elle se construit désormais dans la capacité des États à anticiper les menaces, à partager leurs renseignements et à poursuivre les réseaux criminels au-delà de leurs territoires. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’audience accordée, lundi 19 octobre 2026, au Palais de l’Unité, à Yaoundé, à Lucas Philippe, président de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol).
Le responsable a été reçu par Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, agissant au nom du président Paul Biya. Cette rencontre intervient dans le cadre d’une visite de travail au Cameroun, du 18 au 21 octobre. Accueilli à son arrivée à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen par Martin Mbarga Nguele, délégué général à la Sûreté nationale, le dirigeant d’Interpol effectue une visite dont les enjeux dépassent le cadre protocolaire.
Des menaces qui ignorent les frontières
Sur le continent africain, les défis sécuritaires imposent une coordination accrue entre les services compétents. Terrorisme, traite des personnes, trafics illicites et cybercriminalité mobilisent des réseaux capables d’opérer simultanément dans plusieurs pays. Leur démantèlement exige des échanges d’informations fiables, des enquêtes coordonnées et des mécanismes efficaces de localisation des fugitifs.
Pour le Cameroun, au carrefour de plusieurs espaces régionaux, le renforcement de la coopération policière constitue un enjeu stratégique. La circulation des renseignements et la capacité à agir avec les partenaires étrangers peuvent contribuer à réduire les espaces d’impunité dont profitent les organisations criminelles.
Le défi de l’efficacité opérationnelle
Fondée en 1923, Interpol facilite la coopération entre les polices de ses pays membres, notamment grâce au partage de données et aux mécanismes internationaux de signalement. Elle ne se substitue toutefois pas aux autorités nationales, auxquelles restent attachées les procédures d’arrestation et de poursuite.
Dès lors, la portée de cette rencontre se mesurera à ses résultats : amélioration des échanges opérationnels, coordination des investigations et renforcement des capacités des services nationaux. Pour l’Afrique, confrontée à des menaces de plus en plus interconnectées, l’enjeu est clair : faire de la solidarité sécuritaire un instrument concret de protection des populations et de stabilité régionale.












