Alors que les campus publics tournent au ralenti, le syndicat des enseignants du supérieur a sèchement éconduit la tutelle. Une crise de gouvernance profonde qui met en lumière l’asphyxie financière et institutionnelle de l’Enseignement supérieur.
Un dialogue de sourds au sommet de l’État
La convocation lancée en urgence par le ministre d’État Jacques Fame Ndongo pour désamorcer la grève générale du 3 septembre 2026 s’est soldée par un camouflet retentissant. En refusant de siéger à la table des négociations prévue ce 11 septembre, le Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) ne fait pas seulement acte de fronde ; il oppose une fin de non-recevoir à une méthode de gouvernance jugée autoritaire et désuète. En cause : des convocations expédiées in extremis, un mépris flagrant de l’autonomie syndicale, et surtout, l’absence obstinée d’un ordre du jour clair sur la revalorisation du traitement des enseignants, enlisé depuis novembre 2025.
L’autonomie syndicale comme ligne rouge
Au-delà du simple contentieux salarial, c’est la question du respect institutionnel qui cristallise les tensions. En voulant dicter la composition de la délégation syndicale et désigner arbitrairement les coordonnateurs régionaux, le ministère a franchi une ligne jaune. Le Professeur Wogaing Fotso Jeannette et le Bureau exécutif national rappellent ainsi, par cet acte fort, qu’un dialogue social ne saurait se décréter par simple message-porté interdisant toute logistique raisonnable aux délégués de province.
Vers un pourrissement ou une refondation ?
Le maintien de la grève illimitée asphyxie durablement des universités d’État déjà exsangues. Si le SYNES entrouvre une timide porte de sortie en proposant un calendrier entre le 15 et le 18 septembre, c’est à la condition expresse d’un changement radical de paradigme et d’un traitement sérieux de leurs doléances. Le temps des oukases ministériels semble révolu ; l’avenir de l’élite académique camerounaise exige désormais de véritables réformes de fond.












