Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est, vient de prêter son cadre à l’un des plus grands coups de filet policier de ces dernières années au Cameroun.
La Division Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) de l’Est a officialisé le démantèlement complet d’un présumé réseau criminel de haute volée.
Spécialisée dans le grand banditisme transrégional, cette organisation écumait le pays depuis plus d’une décennie.
L’onde de choc qui a conduit à la chute de cet empire criminel a pris sa source en mars 2026.
À cette date, une société réputée, spécialisée dans la collecte et la commercialisation de l’or à Bertoua, subit un cambriolage d’une rare violence tactique.
Face à la gravité des faits et à la valeur des biens dévalisés, la DRPJ de l’Est ouvre immédiatement une enquête judiciaire d’envergure.
Les investigations, menées de main de maître par les enquêteurs et basées sur des recoupements techniques et des filatures serrées, ont rapidement porté leurs fruits.
Au total, huit suspects majeurs ont été interpellés et placés en garde à vue.
Les perquisitions menées par les forces de l’ordre au cours des différentes vagues d’arrestations ont mis au jour la logistique et la fortune accumulées par les présumés malfrats.
Les saisies réalisées témoignent du niveau de professionnalisme et de la dangerosité du réseau.
Les forces de l’ordre ont mis la main sur environ 15 kilogrammes d’or brut et raffiné, ainsi qu’une somme de 121 millions de FCFA en espèces liquides.
Un arsenal militaire composé d’armes à feu et de munitions a également été saisi, tout comme plusieurs véhicules de luxe utilisés pour les déplacements et le blanchiment, et une quantité importante de cocaïne.
La présence conjointe d’or, de cocaïne et d’armes lourdes démontre que ce réseau ne se limitait pas à de simples vols à main armée, mais opérait à la frontière du trafic de drogue et du blanchiment de capitaux à grande échelle.
Les premiers éléments de l’enquête préliminaire révèlent une réalité encore plus inquiétante : ce groupe criminel n’en était pas à son coup d’essai.
Les suspects s’activaient sur le territoire national depuis plus de dix ans.
Le leur modus operandi reposait sur le ciblage méticuleux de cibles à forte valeur ajoutée.
Le réseau est formellement soupçonné d’avoir orchestré de multiples braquages ultra-violents visant des opérateurs économiques majeurs, notamment dans les secteurs minier et commercial, ainsi que des personnalités publiques et privées détenant de fortes sommes de numéraire ou des biens de grande valeur.
En étendant leurs tentacules bien au-delà de la seule région de l’Est, ces individus s’étaient imposés comme une menace de premier ordre pour la sécurité économique du Cameroun.
Si l’interpellation des huit suspects constitue une victoire majeure, les autorités judiciaires et policières maintiennent la pression.
Les investigations se poursuivent activement sous la supervision du parquet.
L’objectif des enquêteurs se décline désormais en deux axes principaux : établir le degré exact de responsabilité et le rôle de chacun des huit suspects déjà sous les verrous (cerveaux, exécutants, recéleurs), et identifier et traquer d’éventuels complices, qu’il s’agisse de facilitateurs logistiques ou de commanditaires tapis dans l’ombre.
Cette opération d’envergure est saluée par le haut commandement et présentée par les autorités administratives et policières comme un coup de semonce historique porté aux réseaux criminels qui écument l’Est du Cameroun une région stratégique, riche en ressources minières et frontalière.
Pour les populations et les opérateurs économiques de Bertoua, ce démantèlement sonne comme un ouf de soulagement, réaffirmant la capacité de riposte et l’efficacité de la Police Judiciaire face aux nouvelles formes de criminalité financière et de grand banditisme.












