Le parquet militaire du Tribunal Militaire de Yaoundé a été officiellement saisi, en date du 31 août 2024, d’une plainte pénale d’une portée juridique exceptionnelle. La dénonciation est introduite par le Docteur Olive NGOBO ELOK, experte en relations internationales et ancienne cadre d’appui au Ministère de la Défense ainsi qu’à la Présidence de la République. La procédure vise directement le Vice-Amiral Joseph FOUDA, Conseiller Spécial du Président de la République et officier supérieur de la Marine Nationale. Sur le plan matériel et qualitatif, la saisine formalise un ensemble de griefs particulièrement lourds. Les incriminations visées au bordereau de dépôt font état d’escroquerie aggravée, de manœuvres frauduleuses, de corruption, ainsi que de complicité d’enlèvement, de séquestration illégale et de tortures ayant entraîné l’interruption involontaire de grossesse de la plaignante. S’y ajoutent des qualifications d’atteinte à la Sûreté de l’État, d’atteinte au secret de la Défense Nationale, d’actes de Haute trahison, de terrorisme et de blanchiment de capitaux, complétées par l’accusation d’instrumentalisation des institutions judiciaires et de l’autorité présidentielle.
Sur le déroulement des faits articulés dans le mémoire, la plaignante rattache la présente action au prolongement de la procédure dite « Fouda / Mbapou et consorts ». L’origine du litige remonterait aux fonctions exercées par la partie civile au sein du Cabinet du Ministre de la Défense, marquées par des dénonciations de harcèlement sexuel en 2017 et une tentative de viol alléguée au 23 janvier 2018. Selon les moyens développés, ces événements auraient produit des procédures d’incrimination secondaires contre la plaignante, l’imputant à tort dans des flux de trafic d’armes au sein même des locaux ministériels entre 2019 et 2020. L’instruction de l’affaire repose sur la production d’un ensemble de pièces versées au dossier d’accusation, comprenant des éléments documentaires, des enregistrements et des dépositions de témoins. Il appartient désormais au Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé d’apprécier l’opportunité des poursuites, d’ordonner les actes d’information judiciaire nécessaires et de déterminer les qualifications pénales retenues à l’encontre du haut dignitaire militaire.












