Le silence s’est emparé des couloirs de l’Hôpital Général de Yaoundé ce jeudi 25 juin 2026.
Les dernières minutes ont scellé le départ de celui qui, des décennies durant, a incarné le sommet absolu du pouvoir judiciaire camerounais.
La levée de corps d’Alexis Dipanda Mouelle, ancien Premier Président de la Cour suprême, s’est achevée dans une solennité lourde, marquant le début officiel de son ultime voyage vers l’éternité.
Cette séparation physique avec le monde des vivants marque la fin d’une époque pour tout le corps judiciaire, plongeant la République dans le recueillement face à la perte d’un de ses serviteurs les plus constants.
Sous le poids d’une atmosphère glaciale, le protocole de l’État s’est plié au devoir de mémoire, reflétant l’importance de l’homme dans l’histoire institutionnelle du pays.
Les visages fermés et graves des hauts dignitaires présents témoignaient de la profondeur de la perte.
Une forte présence des autorités
Pour saluer la mémoire de l’illustre magistrat, un parterre de personnalités de premier rang s’est réuni autour de la dépouille.
On notait la présence remarquable du Premier ministre chef du gouvernement, de plusieurs membres du cabinet ministériel ainsi que du Président du Conseil constitutionnel.
Dans ce moment de transition, c’est le Ministre de la Justice Laurent Esso qui a été mandaté pour représenter personnellement le Chef de l’État à ces obsèques.
Bien que ces dernières ne revêtent pas un caractère officiel, la forte délégation gouvernementale démontre la reconnaissance, même pudique, de la nation envers celui qui a dirigé la plus haute juridiction du pays pendant plus de deux décennies.
Le dernier voyage vers Bonakou Bwapaki
L’éclat des prétoires, la rigueur des audiences solennelles et les grands honneurs de la capitale s’effacent désormais pour laisser place au deuil intime et à la vérité de la terre.
Le long cortège funèbre s’apprête à quitter l’agitation de Yaoundé pour entamer sa procession vers le littoral.
Alexis Dipanda Mouelle sera porté en terre samedi prochain dans son village natal à Bonakou Bwapaki, un retour aux sources définitif loin des lambris dorés du pouvoir.
C’est là, dans la sobriété de la tradition et des adieux familiaux, que s’achèvera le parcours de ce grand commis de l’État.
Une page majeure de l’histoire judiciaire et politique du Cameroun se tourne définitivement, rendant à la poussière un homme dont le nom restera indissociable de l’évolution du droit camerounais.













