La tension politique franchit un nouveau cap critique au Cameroun. Un arrêté pris le « 27 octobre 2026 » par le gouvernement a acté « la suspension temporaire du Front pour le Salut National du Cameroun (F.S.N.C.) pour trois mois ». Une décision perçue par l’opposition comme une manœuvre autoritaire de plus, motivée selon les autorités par de prétendus griefs d’« appel à insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale ». Réagissant depuis Banjul ce « 2 novembre 2026 », Issa Tchiroma Bakary, se présentant comme le « Président élu de la République du Cameroun », a immédiatement volé dans les plumes du pouvoir en place.
Il qualifie cette mesure administrative de « provocation pure et simple » et de geste « archaïque et inédit dans l’histoire du Cameroun indépendant », bafouant la Constitution qui protège « la liberté d’association et le droit des partis politiques de bien mener leurs activités ». Pour le leader du FSNC, cet arrêté participe à une « entreprise désespérée de parachèvement de ce énième braquage électoral », un peu plus d’un an après une « répression létale de la plus importante mobilisation populaire observée dans notre pays contre un hold-up électoral ». Dans son communiqué au vitriol, Issa Tchiroma dresse un bilan accablant du régime en place qu’il qualifie d’« illégitime ». Il affirme que « Paul BIYA, battu à l’élection présidentielle d’octobre 2025, a écrasé dans le sang près d’une centaine de nos concitoyens, a enlevé et incarcéré plusieurs milliers d’autres », tout en poussant à l’exil la quasi-totalité des cadres dirigeants du parti dans le but de « déstabiliser et de désorganise[r] le parti ». Face à ce qu’il qualifie de « non-événement » qu’il déclare « nul et non avenu », le président du FSNC appelle à la fermeté.
Refusant de « légitimer un ordre institutionnel entaché de sang et de fraudes », il réitère sa décision de suspendre toute participation électorale « tant que la victoire du Peuple camerounais ne sera pas pleinement restaurée ». Le communiqué insiste également sur le devoir de mémoire, évoquant la mort de « dizaines de camerounais tombés sous la violence d’un régime, dont celui de Anicet EKANE », et qualifie le pouvoir en place de principal obstacle « à une paix durable dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun (NOSO) ». Concluant par une note de mobilisation générale, Issa Tchiroma exhorte ses partisans, les partis politiques alliés et la société civile à « garder la même détermination, dans la lutte pour la restauration de notre victoire du 12 octobre 2025 », martelant avec conviction : « La vérité des urnes doit en effet triompher ! »












