Avec une progression de 8,89 % de son chiffre d’affaires en 2025, après une hausse remarquable de 24 % en 2024, le Port Autonome de Kribi confirme son statut de locomotive logistique du Cameroun. Plus qu’un simple port en eau profonde, Kribi s’impose progressivement comme l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux d’Afrique centrale, dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes plateformes portuaires de la sous-région.
La montée en puissance d’un hub régional
Longtemps dominé par les ports historiques de Douala, Pointe-Noire ou encore Libreville, le paysage portuaire d’Afrique centrale connaît une recomposition progressive. Grâce à son tirant d’eau naturel, à ses infrastructures modernes et à l’extension de sa phase 2, le Port Autonome de Kribi attire désormais des navires de plus grande capacité ainsi que des flux commerciaux autrefois orientés vers d’autres plateformes régionales.
Cette montée en puissance intervient alors que les économies de la CEMAC cherchent à réduire leurs coûts logistiques, encore parmi les plus élevés du continent. Dans cette bataille de compétitivité, Kribi dispose d’un avantage stratégique : avoir été conçu dès l’origine pour répondre aux standards du commerce maritime du XXIe siècle.
Au-delà du port, l’ambition industrielle
L’enjeu n’est toutefois plus seulement de manutentionner davantage de conteneurs. La véritable compétition se joue désormais sur la capacité à créer de véritables écosystèmes industriels autour des infrastructures portuaires.
À ce titre, le projet de Zone Industrielle Intégrée de Kribi constitue une évolution majeure. L’objectif est clair : transformer localement les ressources minières, forestières et agricoles avant leur exportation, à l’image des modèles développés dans certains grands ports africains et asiatiques.
Un défi régional
Face à Kribi, Pointe-Noire conserve une solide expérience dans le transit régional, tandis que les ports gabonais misent sur les exportations minières et forestières. Mais le port camerounais bénéficie d’un marché intérieur plus vaste et d’une position géographique stratégique, ouvrant des perspectives vers le Tchad, la République centrafricaine et l’ensemble du bassin du Congo.
Si les investissements se poursuivent et que les connexions routières, ferroviaires et industrielles suivent le rythme, Kribi pourrait, dans la prochaine décennie, s’imposer comme le principal hub logistique et industriel d’Afrique centrale, redéfinissant durablement les équilibres économiques de la sous-région.











