En audience à Bangui auprès du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a présenté un tableau encourageant de la conjoncture économique régionale. Derrière les chiffres favorables se dessine une nouvelle ambition : transformer la stabilité retrouvée en levier de développement durable pour la Cemac.
Une embellie économique à consolider
Les signaux repassent progressivement au vert en Afrique centrale. Après plusieurs années marquées par les chocs extérieurs, les tensions inflationnistes et les incertitudes sur les réserves de change, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale semble engagée sur une trajectoire plus favorable.
Face au président centrafricain, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale a mis en avant une croissance régionale soutenue par une progression de l’activité économique de près de 5 %.
Plus remarquable encore, l’inflation est revenue sous la norme communautaire de 3 %, traduisant l’efficacité des mesures monétaires et budgétaires mises en œuvre depuis deux ans.
Cette amélioration conforte la crédibilité de la banque centrale dans sa mission première : préserver la stabilité monétaire tout en accompagnant les économies de la sous-région.
L’or, nouvelle frontière stratégique
Au-delà des indicateurs conjoncturels, l’entretien a permis de mettre en lumière l’un des projets les plus ambitieux de la BEAC : la monétisation de l’or.
L’objectif est clair : renforcer les réserves stratégiques de la banque centrale en s’appuyant davantage sur les ressources minières régionales.
Pour plusieurs observateurs, cette initiative pourrait constituer un tournant majeur dans la gestion des actifs de la Cemac, à condition que les mécanismes de traçabilité, de collecte et de conservation soient rigoureusement encadrés.
Dans un contexte mondial marqué par la volatilité des devises et les tensions géopolitiques, l’or apparaît de plus en plus comme un instrument de souveraineté financière.
Les défis de la prochaine décennie
Pour autant, la stabilité macroéconomique ne saurait constituer une fin en soi.
Les États de la Cemac restent confrontés à des défis structurels majeurs : diversification économique insuffisante, faible industrialisation, chômage des jeunes et dépendance persistante aux matières premières.
Les perspectives demeurent toutefois encourageantes.
Le renforcement des réserves de change, la solidité du secteur bancaire et l’extension du réseau territorial de la BEAC offrent des bases solides pour accélérer l’inclusion financière et attirer davantage d’investissements.
À travers cette visite à Bangui, Yvon Sana Bangui a surtout voulu envoyer un message : la Cemac entre dans une nouvelle phase.
Après avoir sécurisé les équilibres monétaires, l’enjeu consiste désormais à transformer cette stabilité retrouvée en croissance durable et en prospérité partagée pour les quelque 65 millions d’habitants de la sous-région.











