Le Président de la République du Cameroun, Paul Biya, a rendu son arbitrage définitif concernant le tracé de la future ligne de chemin de fer devant relier le Cameroun au Tchad.
C’est le corridor occidental qui a été officiellement retenu pour matérialiser cette interconnexion ferroviaire hautement stratégique.
Cette décision majeure de la Présidence de la République a été formellement notifiée au Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhé, par l’intermédiaire du Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, suivant une communication officielle actée le 5 juin 2026.
Le choix de ce tracé marque le dénouement d’une intense phase d’études et de tractations techniques où trois variantes distinctes s’affrontaient sur la table des décideurs.
En dehors du corridor occidental désormais validé, les experts planchaient sur deux autres options : un corridor central, qui prévoyait de transiter par les localités de Figuil et de Pala, et un tracé méridional passant préférentiellement par Moundou et Bongor sur le territoire tchadien.
Les rapports de faisabilité technique et financière révèlent que cette dernière option, le tracé tchadien, représentait la solution la plus économique pour les finances publiques, avec un coût global estimé à environ 2 988 milliards de FCFA.
En portant son choix sur le tracé occidental, le Chef de l’État camerounais a sciemment privilégié une option financièrement plus lourde, mais géopolitiquement et économiquement plus structurante pour le territoire national.
Les estimations budgétaires pour ce corridor s’élèvent en effet à près de 4 079 milliards de FCFA pour la seule section camerounaise.
L’enveloppe financière globale grimpe à 4 829 milliards de FCFA dès lors que l’on intègre la section internationale indispensable pour acheminer la ligne jusqu’à N’Djamena, la capitale du Tchad.
L’arbitrage de Yaoundé induit ainsi un surcoût de plus de 1 000 milliards de FCFA par rapport à la variante la moins chère, un écart qui s’explique par la longueur du réseau et la complexité de sa configuration géographique.
La justification de cet investissement massif réside dans la volonté politique d’assurer un développement territorial harmonieux et d’optimiser le désenclavement des provinces septentrionales du Cameroun.
La ligne ferroviaire aura pour mission de relier de manière séquentielle les villes de Ngaoundéré, Garoua, Maroua et Kousseri.
En connectant systématiquement les chefs-lieux des trois régions de la partie septentrionale du pays, à savoir l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord, l’infrastructure va dynamiser le tissu économique local, faciliter la circulation des personnes et des marchandises, et arrimer solidement ces régions au reste du réseau ferroviaire national existant.
Kousseri, ville frontière clé, servira de hub de jonction avant la projection de la ligne vers le Tchad, pays de l’hinterland grandement dépendant des façades maritimes camerounaises pour ses importations et ses exportations.
Face à l’ampleur des capitaux à mobiliser, l’État du Cameroun ne s’appuiera pas uniquement sur ses ressources budgétaires propres et s’oriente résolument vers un mécanisme de Partenariat Public-Privé.
La viabilité et la pertinence géostratégique du projet ont déjà suscité l’intérêt concret de grands bailleurs de fonds et de partenaires internationaux de premier plan.
La Banque Africaine de Développement se positionne activement sur le dossier pour apporter son appui institutionnel et financier.
En parallèle, les Émirats arabes unis manifestent une ambition forte de participer à la construction de ce corridor à travers leur compagnie nationale Etihad Rail, ce qui confère à ce projet ferroviaire une envergure financière internationale et garantit l’apport d’une expertise technique de pointe pour sa réalisation effective.











