Par une série de décrets présidentiels signés ce jour, le Chef de l’État a acté la fin de l’ère Eneo. La page de la privatisation entamée au début des années 2000 se tourne définitivement pour laisser place à une nouvelle entité souveraine : la SOCADEL (Société Camerounaise d’Électricité).
Cette décision marque l’aboutissement d’un long processus de nationalisation, replaçant le levier de l’électricité au cœur de l’action publique.
TRANSFORMATION JURIDIQUE ET CONTRÔLE DE L’ÉTAT
Le premier décret transforme radicalement la structure juridique de l’opérateur historique. Eneo Cameroon S.A. disparaît du registre pour devenir la SOCADEL.
Concernant son régime juridique, la SOCADEL est désormais une société à capital public.
- Ce statut confère à l’État le contrôle total des actifs
- Il garantit la maîtrise des orientations stratégiques du secteur
- Il recentre la distribution et la vente d’énergie sous pilotage public
ORGANISATION ET IMPLANTATION
Par ailleurs, malgré la centralisation administrative à Yaoundé, la SOCADEL maintient son ancrage économique à Douala, où se situera son siège social, confirmant la place de la métropole économique comme centre névralgique des opérations techniques.
GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
L’une des dispositions les plus scrutées concerne le sort des employés. Pour assurer la continuité du service public sans rupture technique, le décret prévoit une composition hybride du personnel.
- L’héritage technique est préservé puisque le personnel d’Eneo est intégré à la nouvelle structure
- Cela permet de conserver l’expertise métier et la mémoire du réseau
- À cela s’ajoute l’apport administratif de fonctionnaires de l’État
Marquant la volonté du gouvernement d’insuffler une rigueur administrative et un contrôle public direct sur la gestion quotidienne.
NOMINATION AU CONSEIL D’ADMINISTRATION
Le second décret présidentiel porte sur la nomination des membres du Conseil d’Administration.
Le signal envoyé est celui de l’expérience et du poids politique. Antoine Ntsimi, ancien ministre des Finances et figure reconnue de la haute administration, fait une entrée remarquée au sein de ce conseil.
Sa nomination à une place prépondérante souligne l’importance des enjeux financiers liés à cette nationalisation.
MISSIONS ET ENJEUX IMMÉDIATS
Le Conseil d’Administration aura pour mission immédiate de :
- Stabiliser les finances de la nouvelle entité
- Définir le plan d’investissement nécessaire
- Moderniser un réseau souvent critiqué pour sa vétusté
ATTENTES DES POPULATIONS
En passant d’Eneo à la SOCADEL, le gouvernement camerounais reprend les rênes d’un secteur stratégique.
Les attentes des populations sont désormais cristallisées sur cette nouvelle entité :
- Réduction des délestages grâce à une gestion centralisée
- Transparence tarifaire sous l’égide du capital public
- Extension du réseau vers les zones rurales, désormais priorité régalienne












