Sous couvert d’un vaste projet d’infrastructures, les États-Unis accélèrent leur retour économique en Afrique centrale. Le corridor de Lobito est devenu l’une des pièces maîtresses de leur stratégie pour sécuriser l’accès aux minerais critiques de la République démocratique du Congo, tout en proposant une alternative à l’influence chinoise sur le continent.
L’infrastructure comme instrument de puissance
L’approbation, le 10 juillet, par le Conseil des ministres de la République démocratique du Congo de l’accord de concession relatif à la partie congolaise du corridor de Lobito n’a rien d’un simple acte administratif. Pour Washington, cette décision marque une étape décisive dans la mise en œuvre du Partenariat stratégique conclu avec Kinshasa.
Le projet, confié au groupe portugais Mota-Engil avec l’appui financier de la Development Finance Corporation (DFC), illustre la volonté américaine de revenir au premier plan dans les grands projets structurants du continent africain.
La bataille mondiale des minerais critiques
Le corridor de Lobito dépasse largement la seule question ferroviaire. Il reliera les gisements de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques du sud-est congolais au port angolais de Lobito, sur l’Atlantique, offrant une nouvelle voie d’exportation vers les marchés internationaux.
Pour les États-Unis, l’enjeu est majeur : sécuriser des chaînes d’approvisionnement indispensables aux batteries électriques, aux semi-conducteurs et aux industries de défense, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des circuits dominés par Pékin.
Dans cette nouvelle géographie économique, les rails valent désormais autant que les mines. Celui qui contrôle les corridors logistiques détient une part du pouvoir sur les chaînes de valeur mondiales.
La RDC au cœur des rivalités du XXIe siècle
Pour Kinshasa, cette alliance offre une occasion historique de moderniser ses infrastructures, d’attirer des capitaux et de mieux valoriser ses immenses ressources naturelles. Mais elle traduit également le retour de l’Afrique centrale au centre des grandes rivalités géoéconomiques.
Longtemps considérée comme une périphérie des échanges mondiaux, la région devient aujourd’hui un espace stratégique où s’affrontent les ambitions des grandes puissances.
Le corridor de Lobito en est l’illustration la plus éclatante : une ligne ferroviaire qui transporte autant des minerais que des intérêts géopolitiques. Pour la RDC, le véritable défi sera de convertir cette compétition internationale en croissance durable, en emplois et en souveraineté économique.











