Saisi par l’Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF), le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a franchi une étape importante dans l’examen du recours contestant le processus électoral. Après avoir écarté les objections procédurales soulevées par la FECAFOOT, la juridiction arbitrale de Lausanne a déclaré l’appel recevable et ouvre ainsi la voie à l’examen du fond. Derrière cette procédure, une question centrale : le scrutin ayant reconduit Samuel Eto’o à la tête de la Fédération pourrait-il être remis en cause ? Le dossier trouve son origine dans les opérations électorales engagées en 2025. L’ACAF conteste notamment son exclusion du processus et met en cause la régularité d’un ensemble d’opérations électorales ayant participé à la constitution du corps électoral. L’association s’attaque particulièrement au Communiqué N°7/FECAFOOT/CE/2025 de la Commission électorale, publié le 13 septembre 2025, qui récapitulait notamment les élections organisées dans les ligues départementales ainsi que la désignation des délégués aux Assemblées générales régionales. Pour les arbitres requérants, ces opérations sont suffisamment importantes pour justifier un contrôle de leur légalité et, potentiellement, de leurs conséquences sur le scrutin fédéral.
C’est précisément sur ce terrain que la décision procédurale du TAS prend une importance particulière. La Formation arbitrale considère que le communiqué contesté constitue une décision susceptible de recours au sens de l’article R47 du Code du TAS. Elle reconnaît également que l’ACAF dispose de la qualité pour agir après avoir épuisé les voies de recours internes prévues par les statuts de la FECAFOOT. Autrement dit, le TAS ne ferme pas la porte au recours : il accepte d’examiner les griefs soulevés par l’association des arbitres. Cette étape ne préjuge pas de la décision finale, mais elle place désormais le processus électoral devant un véritable examen juridictionnel international. Pour Samuel Eto’o, le principal risque se situe donc dans la portée que le TAS pourrait donner aux irrégularités éventuellement constatées. Si la juridiction estime que l’exclusion de l’ACAF était contraire aux règles applicables et que cette irrégularité a eu une incidence suffisamment importante sur la constitution du corps électoral ou sur les opérations ayant conduit à l’élection, les conséquences pourraient dépasser le seul litige opposant les arbitres à la FECAFOOT. Le débat pourrait alors porter directement sur la validité du processus ayant conduit à la réélection du président de la Fédération.
C’est là que se trouve la menace la plus sérieuse pour le mandat de Samuel Eto’o. Une éventuelle sentence défavorable ne signifierait pas nécessairement, par elle-même et automatiquement, que toute la réélection est annulée : tout dépendra des conclusions du TAS, de la nature des irrégularités éventuellement retenues et de leur impact sur le scrutin. Mais si le tribunal considère que les irrégularités ont vicié une étape déterminante du processus électoral, il pourrait prendre une décision susceptible d’entraîner des conséquences sur les opérations électorales contestées et, selon la portée de la sentence, sur le mandat issu de ce processus. Le scénario d’une remise en cause du scrutin constitue donc désormais une hypothèse judiciaire à surveiller de très près. Après une réélection censée confirmer Samuel Eto’o à la tête du football camerounais, son mandat se retrouve confronté à une contestation qui a franchi les premières barrières procédurales devant le TAS. La question n’est plus seulement celle de l’exclusion de l’ACAF : elle touche désormais à la solidité juridique du processus électoral dans lequel s’inscrit la réélection du président de la FECAFOOT.












