La polémique autour des 21 000 procès-verbaux (PV) électoraux revendiqués par Cabral Libii prend une nouvelle tournure. Fayçal Hamadou Demaissala, ancien conseiller spécial du président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) et ancien directeur régional de campagne pour le Nord lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, conteste l’exactitude de ce chiffre et livre sa propre version des faits. Dans une déclaration intitulée « Des 21 000 PV aux échanges avec ITB : ma part de vérité », il affirme que les informations auxquelles il avait personnellement accès ne concordaient pas avec le nombre avancé. « Au cours d’un échange avec un responsable de la direction nationale de campagne, il m’avait été indiqué que nous disposions d’environ 6000 procès-verbaux », écrit-il. Cette déclaration met ainsi en évidence un écart considérable entre les 21 000 PV annoncés et les quelque 6 000 dont il dit avoir eu connaissance. Toutefois, à ce stade, son témoignage constitue une contestation du chiffre avancé par Cabral Libii, et non une vérification indépendante du nombre total de documents effectivement détenus par le PCRN.
Au-delà de la bataille des chiffres, Fayçal Hamadou Demaissala confirme également avoir participé à des discussions avec l’équipe d’Issa Tchiroma Bakary après le scrutin présidentiel. « Je confirme avoir personnellement conduit, après le scrutin du 12 octobre 2025, des échanges avec des interlocuteurs de cette équipe, avec l’accord explicite de Cabral Libii », précise-t-il. Selon son récit, ces discussions portaient notamment sur les résultats électoraux et les procès-verbaux, sans toutefois aboutir à un accord. L’ancien responsable de campagne affirme par ailleurs disposer d’éléments permettant de reconstituer la chronologie de ces événements. « La vérité des faits doit pouvoir être établie et vérifiée », insiste-t-il. Cette prise de parole remet donc sur la table deux questions sensibles : le volume réel des PV dont disposait le PCRN et la nature des échanges engagés avec les représentants d’Issa Tchiroma Bakary. Pour l’heure, les éléments évoqués dans sa déclaration n’ont pas été publiquement détaillés, et leur portée reste à établir.
Désormais présenté sous les couleurs de l’All Cameroonian Congress (ACC), où il indique exercer les fonctions de conseiller technique du président national et de coordonnateur régional pour le Nord, Fayçal Hamadou Demaissala précise que sa sortie est faite « à titre personnel ». Il appelle à un débat politique fondé sur « la vérité, la rigueur, la transparence et la responsabilité ». Une déclaration qui risque d’alimenter les tensions au sein de l’espace politique camerounais, alors que les protagonistes de la présidentielle de 2025 continuent de défendre leurs versions des événements. Reste à savoir si Cabral Libii réagira à ces affirmations et si des documents permettront de départager les versions en présence. Dans cette affaire, les accusations, les chiffres annoncés et les témoignages contradictoires devront être confrontés aux éléments vérifiables. Car, au-delà des rivalités politiques et des éventuelles querelles de personnes, la question centrale demeure celle de la transparence électorale et de la crédibilité des déclarations publiques.












