Le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC) hausse le ton après la détention de quatre journalistes camerounais dans une affaire liée à des lunettes appartenant au ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Dans une déclaration rendue publique ce mardi 22 septembre par Thierry Eba, président du Bureau national du SPIC, l’organisation syndicale dénonce les conditions dans lesquelles Solange Djuikam, François Essomba, Igor Guinweth Bibey et Pierre Mouchili ont été interpellés et détenus. Le syndicat demande notamment des excuses publiques, la réparation des préjudices subis et annonce des initiatives judiciaires, tout en appelant les médias à suspendre leur participation aux activités du MINEPAT jusqu’à nouvel ordre.
Selon le SPIC, les quatre professionnels des médias ont été interpellés le 16 septembre 2026 et conduits au Commissariat central n°1 de Yaoundé dans le cadre d’une affaire portant sur la disparition supposée des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey. Le syndicat affirme que la cellule de communication du MINEPAT aurait indiqué que le ministre n’avait pas porté plainte et que les lunettes avaient finalement été retrouvées dans son véhicule. Malgré cette évolution, les journalistes auraient été maintenus en détention. Le SPIC dénonce notamment l’absence d’audition pendant plus de 72 heures pour trois des quatre journalistes concernés et affirme que ceux-ci ont passé plusieurs jours dans des conditions qu’il qualifie d’insalubres. L’organisation syndicale fait également état de la disparition d’un téléphone appartenant à Solange Djuikam et de la perte de 38 000 FCFA appartenant à Pierre Mouchili. Elle affirme enfin que les quatre journalistes présentent des séquelles physiques à l’issue de leur détention et évoque notamment, concernant Pierre Mouchili, des problèmes affectant sa vision.
Dans sa déclaration, le SPIC formule plusieurs exigences. Le syndicat demande d’abord des excuses publiques officielles de la part des autorités concernées ainsi qu’une réparation qu’il souhaite intégrale des préjudices matériels et physiques allégués. Il appelle également les professionnels des médias et les rédactions camerounaises à observer un boycott systématique de tous les événements organisés sous l’égide du MINEPAT, jusqu’à nouvel ordre. Le syndicat indique par ailleurs se réserver la possibilité d’engager des procédures judiciaires au niveau national et de saisir des organisations nationales et internationales spécialisées dans la défense de la liberté de la presse et des droits humains. À ce stade, ces éléments constituent les dénonciations et revendications formulées par le SPIC ; les éventuelles explications ou réactions officielles du MINEPAT, des services de police ou des autres autorités concernées devront permettre d’établir contradictoirement les circonstances exactes de l’interpellation et de la détention des quatre journalistes.













