Deux ans après les faits ayant entraîné la mort de la journaliste Sylvie Louisette Ngo Yebel épouse Founga, la procédure judiciaire engagée contre son fils, Landry Batek Yebel, a connu son aboutissement devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. La juridiction l’a condamné à la peine capitale pour l’assassinat de sa mère. Les faits remontent au mois d’avril 2024. Landry Batek Yebel, alors jeune secrétaire d’administration et diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), avait été interpellé dans le cadre de l’enquête ouverte après la disparition de sa mère et la découverte de ses restes à Yaoundé. L’enquête avait notamment établi que les faits s’étaient déroulés au domicile familial, au quartier Damas, à Yaoundé. Selon les éléments rapportés au cours de la procédure, après le décès de sa mère, le mis en cause avait procédé à la découpe du corps avant d’en conditionner les restes dans des contenants et de les transporter. Ceux-ci avaient ensuite été abandonnés dans un cours d’eau. Les investigations menées par les services compétents, notamment l’exploitation d’images de vidéosurveillance, avaient permis de faire progresser les recherches et d’orienter les enquêteurs vers le fils de la victime.
Dans le cadre de l’enquête judiciaire, une reconstitution des faits avait été organisée sur les lieux du crime. Landry Batek Yebel avait alors été confronté aux différentes étapes des événements faisant l’objet des poursuites. Au cours de cette reconstitution, il aurait déclaré avoir agi sous l’influence de « mauvais esprits » ou de « forces mystiques ». Ces déclarations, rapportées dans les comptes rendus de l’époque, relevaient de ses propres explications et ne sauraient, à elles seules, être assimilées à une constatation médicale ou à une qualification juridique. Le dossier avait également été marqué par des déclarations relatives au décès antérieur de la grand-mère maternelle du mis en cause. Selon les éléments rapportés au stade de l’enquête, Landry Batek Yebel aurait reconnu son implication dans cette autre mort, survenue plusieurs mois avant celle de sa mère. Des sources familiales avaient, pour leur part, affirmé que les circonstances de ce décès auraient été dissimulées à l’époque. Ces faits doivent toutefois être juridiquement distingués de ceux pour lesquels la condamnation à la peine capitale a été prononcée. La victime, Sylvie Louisette Ngo Yebel épouse Founga, exerçait dans le domaine du journalisme et de la communication. La Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) avait confirmé son décès en avril 2024 et précisé qu’elle occupait, depuis février 2019, les fonctions d’experte en communication au sein de son Secrétariat exécutif.
La décision rendue par le Tribunal de grande instance du Mfoundi intervient ainsi au terme de la procédure judiciaire relative à l’assassinat de la journaliste. Elle établit la responsabilité pénale de Landry Batek Yebel pour les faits retenus contre lui et prononce à son encontre la peine capitale. Sur le plan juridique, la peine de mort demeure inscrite dans l’arsenal pénal camerounais. Son application effective est toutefois suspendue depuis plusieurs années. Le Cameroun n’a pas procédé à une exécution depuis 1997, même si des condamnations à la peine capitale continuent d’être prononcées par les juridictions. La condamnation prononcée contre Batek Yebel doit donc être distinguée de son éventuelle exécution. En droit camerounais, une condamnation à la peine capitale ouvre notamment la possibilité d’une mesure de grâce présidentielle, conformément aux prérogatives reconnues au chef de l’État. L’affaire connaît ainsi son principal dénouement judiciaire avec la condamnation de Landry Batek Yebel à la peine capitale pour l’assassinat de sa mère, Sylvie Louisette Ngo Yebel épouse Founga, deux ans après les faits.











