L’atmosphère était lourde ce vendredi dans la salle d’audience du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Au cœur des débats : l’affaire opposant le ministère public à Jacques Bertrand Mang, un dossier suivi de près et dont chaque étape suscite une vive attention. Dans le box des accusés, le prévenu a fait face à la charge de l’accusation, au terme d’une journée d’audience particulièrement intense où le droit pur a pris le dessus sur les simples affirmations factuelles. Dès l’ouverture des débats, le ministère public a déployé son argumentation. S’appuyant sur les éléments rassemblés au cours de l’instruction, le représentant du parquet s’est appliqué à faire la démonstration de la culpabilité du prévenu, égrenant les charges et tentant d’établir la responsabilité pénale de Jacques Bertrand Mang.
Une offensive méthodique visant à asseoir la légitimité des poursuites et à convaincre le tribunal du bien-fondé de sa démarche. Mais la riposte de la défense ne s’est pas fait attendre. Loin de se cantonner à une simple contestation des faits, les avocats du prévenu ont pilonné le dossier sur le terrain procédural. Soulevant une série d’irrégularités formelles, le conseil de Jacques Bertrand Mang a pointé du doigt des vices de procédure majeurs susceptibles de fragiliser, voire de paralyser l’ensemble de l’accusation. Cette stratégie offensive a visiblement bousculé le cours de l’audience, plaçant le ministère public dans une position inconfortable. Face à la pertinence et à la gravité des moyens de droit soulevés par la défense, le ministère public a dû revoir son calendrier. Pris de court et nécessitant un temps d’analyse approfondi pour structurer sa réplique, le parquet a formellement sollicité un renvoi.
Objectif : obtenir le délai nécessaire pour répondre point par point aux exceptions de procédure et préparer des réquisitions étayées. Une demande à laquelle le président du tribunal a accédé, ordonnant la suspension des débats. Le tribunal a ainsi fixé la reprise des hostilités judiciaires au 28 août 2026. Cette date marquera le tournant décisif de ce procès. Lors de cette audience ultime, le ministère public viendra délivrer ses réquisitions finales et tenter de redresser la barre, tandis que la défense disposera de la parole en dernier pour ses plaidoiries, bien décidée à faire valoir le respect strict des règles de procédure et à obtenir l’acquittement de son client. La balle est désormais dans le camp des juges. Le 28 août prochain, la juridiction de Bonanjo devra trancher ce bras de fer : les arguments du ministère public résisteront-ils au feu roulant des irrégularités soulevées par la défense ? La justice est attendue au tournant.











