L’histoire récente de notre équipe nationale féminine U17 est à ce titre un cas d’école dramatique : celui d’un sabotage en plein vol, d’une machine parfaitement huilée que l’on a démantelée sans la moindre logique de performance.
Regardons la réalité en face et analysons froidement ce qui s’apparente à un gâchis monumental pour le football jeune au Cameroun.

Sous la houlette de Joseph Ndoko, les Bébé Lionnes ne se contentaient pas de gagner, elles marchaient littéralement sur l’Afrique.
Son mandat a été marqué par l’instauration d’une discipline tactique de fer, une cohésion de groupe remarquable et une efficacité clinique devant le but adverse.
Le rouleau compresseur camerounais dictait son rythme sur tous les terrains du continent, ne laissant que des miettes à ses rivaux.
Le parcours parle de lui-même :
- Égypte 0-5 Cameroun | Cameroun 1-0 Égypte
- Éthiopie 0-1 Cameroun | Cameroun 5-2 Éthiopie
- Kenya 0-1 Cameroun | Cameroun 3-1 Kenya
Le bilan de l’era Ndoko est tout simplement idyllique : 6 matchs disputés, 6 victoires consécutives.
Les attaquantes ont martyrisé les défenses adverses avec 16 buts inscrits, tandis que l’arrière-garde est restée un coffre-fort avec seulement 3 petits buts encaissés.
Cette campagne magistrale s’est conclue par une qualification éclatante pour la Coupe du Monde 2025.
À cette époque, le Cameroun faisait peur, imposait le respect et incarnait le futur brillant du football féminin africain.
Puis, l’incompréhensible est arrivé.
Un limogeage brutal, un choix de gouvernance dont les observateurs cherchent encore la moindre cohérence sportive, et dont les conséquences directes ont été immédiates, brutales et dramatiques.
En brisant ce staff technique sans motif valable, les instances ont brisé la dynamique positive.
La transition a transformé une équipe conquérante et sûre de ses forces en une sélection en quête perpétuelle d’identité, incapable de rivaliser dès que le niveau s’est élevé.
La chute libre s’est traduite par une série de résultats extrêmement inquiétants :
- Cameroun 1-4 Chine | Cameroun 2-3 Maroc
- Équateur 1-1 Cameroun | Pays-Bas 4-3 Cameroun
- Cameroun 1-2 Corée du Nord | Cameroun 0-1 Mexique
- Algérie 1-5 Cameroun | Cameroun 6-0 Algérie (L’arbre qui cache la forêt)
- Sénégal 0-0 Cameroun | Cameroun 0-0 Sénégal
Le bilan de l’après-Ndoko est un aveu d’échec cuisant : 10 matchs, seulement 2 petites victoires acquises face à une équipe d’Algérie en pleine reconstruction, 3 matchs nuls et 5 défaites.
Si la ligne d’attaque affiche 19 buts inscrits, il faut préciser que 11 d’entre eux ont été marqués contre le seul et même adversaire algérien, masquant à peine une pauvreté offensive face aux cadors.
Plus alarmant encore, la défense a pris l’eau de toutes parts avec 16 buts encaissés.
Le verdict de cette instabilité chronique est sans appel et l’addition est salée pour le Cameroun.
D’abord, une élimination humiliante dès le premier tour de la Coupe du Monde 2025, où les Lionnes ont quitté la scène internationale par la petite porte avec zéro point au compteur.
Ensuite, l’incapacité à redresser la barre s’est soldée par une non-qualification historique pour la Coupe du Monde 2026, actant le recul de la catégorie sur le plan continental.
En cassant le thermomètre d’un staff qui gagnait, les décideurs ont brisé les rêves de dizaines de jeunes joueuses péries dans l’anonymat des mauvaises performances.
Passer du statut de géant d’Afrique craint et respecté à celui d’équipe éliminée sans le moindre point à l’échelle mondiale est un signal d’alarme qui ne peut plus, et ne doit plus être ignoré.
Quand le mérite sportif, la continuité et la compétence technique sont sacrifiés sur l’autel des choix administratifs et des intérêts personnels, c’est tout le football camerounais qui recule et perd sa crédibilité.












