La République démocratique du Congo (RDC) entre dans une nouvelle zone de turbulences politiques et sécuritaires. L’ancien président Joseph Kabila, au pouvoir de 2001 à 2019, est annoncé à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire présentée comme regroupant des cadres de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23). Selon les informations rapportées le 12 octobre 2026, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figureraient parmi les vice-présidents, tandis que le général-major Sultani Makenga dirigerait la branche armée. Cette recomposition pourrait renforcer la coordination entre les responsables politiques et militaires opposés au président Félix Tshisekedi. Elle intervient alors que Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace, le 30 septembre 2025, par la Haute Cour militaire, notamment dans une affaire liée à des accusations de trahison et à ses rapports présumés avec l’AFC/M23.
Cette annonce rappelle les précédentes crises qui ont marqué l’histoire congolaise. La deuxième guerre du Congo, déclenchée en 1998, avait impliqué plusieurs mouvements rebelles et des États voisins. Les accords de Lusaka de 1999, puis les négociations de Sun City et les accords de Pretoria en 2002, avaient ouvert la voie à une transition politique. Plus récemment, la rébellion du M23, apparue en 2012, avait conduit à la prise de Goma avant que le mouvement ne déclare la fin de sa rébellion en novembre 2013. Pourtant, les causes profondes de l’instabilité dans l’est du pays n’ont pas été durablement résolues. Les nouvelles offensives du M23 et de l’AFC illustrent la persistance de cette crise, malgré les initiatives diplomatiques, notamment l’accord de paix RDC-Rwanda signé à Washington le 27 juin 2025 et la déclaration de principes conclue à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23 le 19 juillet 2025.
Le FRN pourrait donc intensifier les affrontements au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, voire compliquer les négociations en cours. Toutefois, une extension de la guerre à l’ensemble du territoire ne peut être considérée comme acquise. Elle dépendra de la capacité de la coalition à mobiliser des soutiens au-delà de ses bastions orientaux, de la cohésion de ses forces et de l’évolution des rapports de force au sein des institutions sécuritaires. L’invocation de l’article 64 de la Constitution congolaise, relatif au devoir de faire échec à toute prise ou exercice anticonstitutionnel du pouvoir, ne suffit pas à rendre automatiquement légale une action armée contre les autorités. Entre contestation politique, ambitions militaires et rivalités régionales, l’annonce du FRN constitue une nouvelle escalade. Reste à savoir si elle conduira à une intensification du conflit dans l’est ou à une confrontation nationale. Dans tous les cas, les populations civiles risquent d’en payer le prix, alors que la RDC demeure confrontée à des décennies de violences et de déplacements forcés.











