La réduction spectaculaire d’un marché public de 35 à 19 milliards de FCFA attribué à une entreprise française du BTP illustre une nouvelle approche de la gouvernance économique en Guinée équatoriale. Dans un contexte de pression sur les finances publiques, Malabo semble déterminé à renforcer le contrôle des coûts et à maximiser l’efficacité de la dépense publique.
Une négociation qui marque les esprits
Longtemps portée par les revenus pétroliers, la Guinée équatoriale a engagé depuis plusieurs années un vaste chantier de rationalisation budgétaire.
L’épisode récemment relayé par plusieurs médias africains, faisant état d’une réduction de près de 16 milliards de FCFA sur un contrat de travaux publics, s’inscrit dans cette logique.
Au-delà du montant économisé, l’opération envoie un signal fort : les autorités équato-guinéennes ne souhaitent plus accepter systématiquement les devis initiaux proposés par les grandes entreprises internationales.
La négociation devient désormais un outil stratégique de gestion des finances publiques.
La fin du rapport de force traditionnel
Dans de nombreux pays africains, les grands groupes étrangers bénéficient souvent d’un avantage technique et financier qui leur permet d’imposer leurs conditions.
Le cas de Malabo semble illustrer une évolution de ce rapport de force.
En exigeant une révision substantielle des coûts, les autorités montrent qu’elles disposent désormais d’une meilleure capacité d’évaluation des projets, soutenue par une expertise technique plus affirmée.
Cette démarche participe à une tendance observée dans plusieurs économies africaines cherchant à renforcer leur souveraineté économique.
Un modèle pour la sous-région ?
Pour les pays de la CEMAC, confrontés à des contraintes budgétaires croissantes, l’expérience équato-guinéenne pourrait constituer une source d’inspiration.
Chaque milliard économisé sur les infrastructures peut être réorienté vers la santé, l’éducation ou les investissements productifs.
Reste toutefois un défi majeur : préserver l’attractivité du pays auprès des investisseurs tout en maintenant une exigence élevée de transparence et de maîtrise des coûts.
L’équilibre entre fermeté contractuelle et confiance des partenaires sera l’une des clés de la réussite de cette nouvelle gouvernance économique.












