En annonçant une révision de la classification des essences forestières, le gouvernement camerounais reconnaît implicitement les limites de son modèle d’exploitation. Une réforme attendue, mais semée d’enjeux économiques et industriels.
Un déséquilibre structurel persistant
Derrière le ton administratif du communiqué ministériel se cache un constat préoccupant : le système actuel de classification des essences forestières privilégie un nombre restreint de bois dits « nobles », au détriment d’une large gamme d’essences secondaires. Résultat, une surexploitation de certaines ressources et une sous-valorisation chronique d’autres pourtant abondantes. Ce déséquilibre fragilise à la fois la durabilité écologique et la rentabilité globale du secteur.
Une réforme aux ambitions économiques
La volonté de réviser cette classification marque une inflexion stratégique. En intégrant davantage d’essences dans les circuits commerciaux, le Cameroun espère diversifier son offre, stimuler la transformation locale et capter une plus grande valeur ajoutée. Cette orientation s’inscrit dans une logique plus large de montée en gamme industrielle, encore largement inaboutie dans la filière bois.
Entre régulation et crédibilité
Reste que l’efficacité de cette réforme dépendra de sa mise en œuvre. Le rappel des sanctions contre les exploitants traduit une volonté de fermeté, mais souligne aussi les difficultés persistantes de contrôle sur le terrain. Sans mécanismes de suivi robustes et incitations claires, le risque est grand de voir cette initiative rejoindre la longue liste des réformes peu appliquées.
Au-delà de l’annonce, c’est donc la crédibilité de la gouvernance forestière camerounaise qui est en jeu.












