« ÇA NE VIENT PAS DE TRÈS LOIN ».
Le corps sans vie du chef supérieur des Evuzok-Ewondo, âgé de plus de 80 ans, a été découvert au petit matin du jeudi 5 novembre 2026 dans une mare de sang au sein de sa résidence privée. Récit d’un crime brutal aux lourdes suspicions.
« Notre chef est mort, ils ont tué notre chef… ». Ce sont les premiers cris de détresse et de panique poussés par Christine Ekwala dans la matinée de ce jeudi 5 novembre 2026, avant qu’elle ne s’effondre en chaudes larmes. Proche collaboratrice de Sa Majesté Innocent Ondoa Nkou, elle s’était rendue comme à son habitude au palais pour une révérence matinale. À son arrivée, la surprise est aussi grande que désagréable : le roi gît dans une mare de sang. Les traces d’une violence extrême exercée sur le patriarche octogénaire sont effroyables. Sa main est presque entièrement décapitée au niveau du coude. Sa tête est penchée, laissant entrouverte une blessure béante qui va du milieu du crâne jusqu’au niveau du cou. L’image est d’une horreur absolue, fruit d’une agression d’une violence inouïe perpétrée à l’arme blanche, notamment une machette. Populations et forces de sécurité sont rapidement alertées, tout comme le préfet de l’Océan.
La nouvelle tragique court vite. Environ 30 minutes plus tard, la chefferie est envahie par les autorités administratives, judiciaires et sanitaires. La scène de crime est scrupuleusement quadrillée. Devant tous ces acteurs médusés et dans une ambiance lourde, transpercée par les pleurs des sœurs, filles et sujettes qui ne supportent pas l’horreur, l’expert légiste procède aux premiers constats. Les premiers éléments révèlent que l’agresseur serait entré par effraction en défonçant trois portes avant d’atteindre la chambre à coucher du patriarche. Proche de lui se trouvait son pistolet automatique chargé, mais il n’a pas pu en faire usage. Ce détail laisse penser que l’assassin n’était pas seul et a bénéficié d’un effet de surprise total. La chambre est dans un désordre questionnable, bien que pas grand-chose n’y ait été emporté, en dehors de ses cachets ainsi que du petit sac patriarcal noir qu’il portait régulièrement sur lui. Selon les premières analyses de sources judiciaires, les faits se seraient déroulés la veille aux environs de 22h, heure à laquelle Sa Majesté s’est séparée de son homme de main affectueusement appelé papa Atangana. Un autre élément indique qu’à cette heure-là, un bruit assourdissant s’est fait entendre dans la résidence, sans que personne ne cherche à savoir ce qu’il en était sur le moment.
Selon les fins limiers dépêchés sur les lieux, le meurtrier connaissait parfaitement le secteur. Il est allé directement vers la chambre, surprenant le chef dans son sommeil. Cette conviction est largement partagée par un membre de la famille qui déclare : « Un étranger ne peut pas entrer ici comme ça. Celui qui est venu connaissait la maison ». Un avis rejoint par plusieurs habitants qui rappellent que la résidence est habituellement gardée et que les visiteurs y sont scrupuleusement identifiés. À l’annonce de cet assassinat barbare, le Préfet de l’Océan, Bouba Haman, s’est rendu immédiatement sur les lieux avec son état-major pour s’enquérir de la situation. Sur place, le Chef de terre n’est pas passé par quatre chemins. En attendant l’aboutissement de l’enquête, il a précisé que seuls des familiers du palais pouvaient aussi facilement localiser le maître des céans au point de lui ôter la vie si brutalement. En répondant aux questions des journalistes présents devant le palais de Fifinda, le préfet a rassuré que tout sera mis en œuvre par les pouvoirs publics afin que les auteurs de ce crime crapuleux soient démasqués. « Ça ne vient pas de très loin », a averti l’autorité administrative. L’enquête judiciaire se poursuit pour faire toute la lumière sur cet acte tragique.











