L’ordonnance numéro 048/OSE/CAB/PTA/YDE/2026 du 1er octobre 2026, suspendant la sanction du CNC contre notamment le journaliste Thaddée Martial Owona, est contestée par Me Félicité Esther Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo. Dans son analyse intitulée « L’ordre public selon le juge », elle critique notamment la référence à la « perte de l’audience attachée à l’unique présentateur vedette » de Vision 4 pour caractériser un préjudice irréparable. La sanction suspendue, décision numéro 000229/CNC/PC/SG/CJ du 18 août 2026, concernait notamment un reportage du journal de 20 heures du 2 juin 2026, qualifié par le CNC de « non fondé, injurieux, offensant, insinuant » à son encontre. Me Zeifman estime que la notoriété ne saurait justifier une protection particulière : « La notoriété devient ainsi un titre à l’impunité provisoire ». Elle conteste également l’argument du droit à l’information, qui ne garantirait pas, selon elle, la présence d’un journaliste particulier à l’antenne.
Me Zeifman critique également l’interprétation de l’article 30 de la loi numéro 2006/022 du 29 décembre 2006 relatif notamment à l’ordre public. Elle reproche au juge d’avoir considéré que la décision du CNC « n’affecte ni l’ordre public ni ses démembrements ». Selon elle, une sanction de l’autorité de régulation relève de la police administrative et vise notamment la protection des droits d’autrui. Elle souligne par ailleurs que la personne visée par le reportage est une avocate intervenant dans le procès de l’assassinat de Martinez Zogo : « S’attaquer à une avocate, c’est s’attaquer à une profession ». Elle estime ainsi que le bon fonctionnement de la justice constitue une composante de l’ordre public et que les liens entre Vision 4, le Groupe L’Anecdote et le principal accusé de cette affaire méritaient d’être examinés.
Dans la dernière partie de son analyse, l’avocate conteste encore la prise en compte d’un préjudice économique principalement attribué à Vision 4, alors que la chaîne n’était pas requérante. Elle estime qu’une perte d’audience ou un manque à gagner peuvent être chiffrés et réparés, contrairement à un préjudice véritablement irréparable, et s’interroge sur la situation de Philippe Boni Menyene, simplement sanctionné d’un avertissement. Elle critique enfin l’invocation de la sécurité juridique et estime que le juge n’a pas suffisamment mis en balance les intérêts en présence : « Il devait vérifier l’ordre public ; il l’a présumé absent. Il devait caractériser un préjudice irréparable ; il l’a déduit d’une notoriété ». Sa conclusion est sans ambiguïté : « une justice qui mesure l’audimat et ignore l’honneur ». Cette analyse concerne le sursis du 1er octobre, distinct du contentieux relatif aux mesures du CNC prises en septembre 2026.












