En moins d’un an, Spiro entend transformer les habitudes de mobilité au Cameroun. Après avoir déployé plusieurs centaines de motos électriques, l’entreprise accélère sur l’infrastructure de recharge, condition essentielle pour changer durablement le visage des deux-roues urbains.
Dix-huit nouvelles stations pour changer d’échelle
Spiro veut franchir un nouveau cap. L’entreprise prévoit la mise en service de 18 stations supplémentaires de recharge, dont 10 à Douala et 8 à Yaoundé. Cette extension doit densifier le maillage indispensable à l’adoption des motos électriques et réduire l’une des principales contraintes de cette nouvelle mobilité : l’accès à l’énergie.
L’enjeu dépasse donc la simple commercialisation de motos. Le véritable pari est celui d’un écosystème électrique, associant véhicules, batteries, stations et services. Déjà présente au Cameroun depuis 2025, Spiro entend ainsi inscrire son modèle dans la durée.
Le deux-roues comme laboratoire de transition
Dans un pays où la moto-taxi constitue un maillon essentiel de la mobilité urbaine, le passage à l’électrique peut ouvrir un nouveau marché. Moins dépendantes du carburant, les motos électriques pourraient aussi contribuer à réduire les émissions polluantes et les nuisances sonores dans les grandes villes.
Spiro a par ailleurs multiplié les partenariats commerciaux. En juin 2026, l’entreprise a annoncé un accord portant sur la distribution de 1 000 motos électriques, tandis qu’un autre partenariat vise l’intégration de ses véhicules à l’écosystème Yango.
Le défi sera désormais industriel
Pour Alain Guy Etoundi Essomba, le chantier est moins celui d’un simple lancement commercial que celui d’un changement de modèle. Mais l’ambition devra composer avec plusieurs contraintes : disponibilité de l’électricité, maintenance, coût des batteries, financement des conducteurs et densité du réseau de recharge.
La bataille de Spiro se jouera donc autant sur les routes que dans les infrastructures. Si le pari réussit, Douala et Yaoundé pourraient devenir les premiers laboratoires camerounais d’une mobilité urbaine progressivement débarrassée de sa dépendance au carburant.












