Transformer les transferts des Camerounais de l’étranger en moteur durable de développement
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) ouvre un nouveau chapitre de sa stratégie de financement de l’économie. À travers le projet Diaspora-Développement (DIASPDEV), présenté le 7 juillet à Yaoundé sous la présidence du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, l’institution ambitionne de convertir une partie des ressources envoyées chaque année par les Camerounais de l’étranger en investissements productifs. Cette orientation s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de diversifier les sources de financement de l’économie nationale et de réduire la dépendance à l’endettement extérieur.
Une manne financière encore sous-exploitée
Selon les estimations présentées lors de la conférence, la diaspora camerounaise transfère près de 650 milliards de FCFA chaque année vers le pays. Jusqu’ici, l’essentiel de ces fonds est consacré à la consommation, à l’immobilier ou au soutien familial. Le défi consiste désormais à orienter une partie de cette épargne vers des projets structurants, capables de créer de la richesse, des emplois et de soutenir la transformation industrielle.
La démarche traduit une évolution des politiques publiques : considérer la diaspora non plus seulement comme une source de devises, mais comme un véritable partenaire du développement économique.
Le défi de la confiance
L’ambition de la CDEC est prometteuse, mais son succès dépendra d’un facteur déterminant : la confiance. Les membres de la diaspora attendent des mécanismes transparents, une gouvernance rigoureuse et des garanties solides sur la sécurité de leurs investissements.
Pour convaincre, la CDEC devra proposer des produits financiers attractifs, assurer une parfaite traçabilité des fonds et démontrer que les capitaux mobilisés financent effectivement des projets à fort impact économique et social.
Au-delà des montants mobilisés, le véritable enjeu est donc de bâtir un pacte de confiance durable entre l’État, la CDEC et les Camerounais de l’étranger. Si ce pari est réussi, la diaspora pourrait devenir l’un des piliers du financement du développement national, transformant l’épargne expatriée en un puissant levier de croissance inclusive et de souveraineté économique.











