En marge du Forum tripartite Cameroun–Tchad–RCA tenu à N’Djamena, les administrations douanières camerounaise et tchadienne ont relancé le dialogue bilatéral. Au cœur des échanges : fluidité du corridor, lutte contre la fraude et renforcement de l’intégration sous-régionale dans un contexte sécuritaire et économique encore fragile.
Une coopération devenue stratégique
Dans une sous-région marquée par les défis sécuritaires, les tensions logistiques et la pression sur les finances publiques, la coopération douanière entre le Cameroun et le Tchad dépasse désormais le simple cadre administratif. Elle s’impose comme un levier stratégique pour préserver la fluidité des échanges commerciaux et garantir les recettes fiscales des États.
La rencontre bilatérale organisée en marge de la 5ᵉ édition du Forum tripartite Cameroun–Tchad–RCA traduit cette volonté de maintenir un dialogue opérationnel entre deux administrations liées par un corridor vital pour l’économie tchadienne. Le port de Kribi et le corridor Douala–Ndjamena demeurent en effet des axes essentiels pour l’approvisionnement du Tchad.
Fraude, traçabilité et modernisation
Les discussions ont également porté sur l’évaluation des recommandations antérieures : échanges d’informations, lutte contre la fraude transfrontalière, harmonisation des procédures et amélioration de la traçabilité des marchandises.
Au-delà des discours, les Douanes des deux pays cherchent surtout à bâtir une coopération plus réactive face aux mutations du commerce régional. La digitalisation des procédures, la mutualisation des renseignements et les contrôles coordonnés apparaissent désormais comme des priorités.
Dans l’espace CEMAC, où l’intégration économique peine encore à produire tous ses effets, cette diplomatie douanière illustre une réalité : la concertation reste l’un des outils les plus efficaces pour consolider les échanges et restaurer la confiance entre administrations voisines.















