Le site coutumier de Mbanya, situé dans l’arrondissement de Douala V, a été le théâtre d’une grave escalade sécuritaire ce mercredi matin. À dix jours seulement de la cérémonie de sacre solennel de Louis Din Dika Akwa, annoncée pour le 10 octobre prochain, les rituels préparatoires ont dégénéré en affrontements directs entre les forces de l’ordre et des groupes de riverains en colère.
Dès les premières heures de la matinée, un imposant dispositif sécuritaire, composé d’unités de la police et de la gendarmerie nationale, s’est déployé en masse pour boucler les accès du domaine de Mbanya. Ce site patrimonial devait accueillir un rite initiatique décisif au cours duquel le prétendant au trône devait communier avec les ancêtres du canton Akwa (Bonambela).
Toutefois, l’opération s’est heurtée à une opposition farouche sur le terrain. Plusieurs habitants, notables et groupes de contestataires opposés à la tenue de ces rituels se sont rapidement mobilisés pour bloquer le passage des cortèges et exprimer leur refus de reconnaître l’autorité du prétendant désigné. Les manifestants contestent notamment l’occupation du sanctuaire coutumier de Mbanya, lieu hautement symbolique au cœur d’un contentieux d’ordre statutaire et juridique entre la chefferie supérieure et les instances locales.
Face à l’obstruction du périmètre et à la détermination grandissante de la foule, le face-à-face s’est rapidement venimé. Les forces de sécurité ont alors fait usage de tirs répétés de gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements et libérer les accès menant au sanctuaire.
Les détachements ont essuyé des mouvements de foule et des répliques de la part des manifestants avant de parvenir à maintenir un cordon de sécurité hermétique. Malgré les affrontements, la répression par les armes non létales et le climat d’extrême vive tension qui règne à Douala V, les équipes chargées de l’organisation du sacre maintiennent inchangée la date du 10 octobre.
De leur côté, les leaders de la contestation réaffirment leur intention de faire barrage à toute tentative d’occupation du site. Cet épisode marque une nette détérioration du conflit de succession qui divise le canton Bonambela, transférant désormais cette querelle coutumière du champ juridique et traditionnel vers un affrontement sécuritaire majeur sur le domaine public.












