Le Tribunal de première instance de Yaoundé a rendu sa décision dans l’affaire opposant le Ministère public au citoyen camerounais Patrick Mengue. À l’issue des débats et de l’examen des éléments versés au dossier, la juridiction a reconnu l’accusé pleinement coupable des faits d’outrage au Président de la République.
Le délibéré prononcé établit une peine de six mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende pénale de 28 000 FCFA. Le tribunal a également mis à la charge du condamné la somme de 15 000 FCFA au titre des dépens de justice et a ordonné la confiscation définitive du téléphone portable ayant servi de support matériel à la publication litigieuse.
L’origine de cette procédure judiciaire remonte à une publication diffusée sur le réseau social Facebook. Le message incriminé avait été mis en ligne dans un contexte politique tendu, juste après l’annonce officielle du décès du président du Sénat, Marcel Niat Njifenji. Patrick Mengue y avait rédigé la phrase suivante :
« Seigneur, tu te rapproches déjà de la cible, encore un effort STP ».
Les autorités d’enquête et l’accusation ont immédiatement saisi la gravité de cette formulation, estimant qu’elle désignait de manière implicite mais transparente le chef de l’État, Paul Biya, constituant ainsi une atteinte caractérisée à la dignité de la fonction présidentielle.
Au cours de l’instruction et de l’audience, la défense a déployé une ligne d’argumentation axée sur le strict respect de la légalité pénale et l’absence de qualification directe. L’avocat de Patrick Mengue a soutenu que le texte publié ne comportait aucune mention nominative ni désignation explicite du Président de la République, affirmant dès lors que l’infraction ne pouvait être juridiquement caractérisée sans une interprétation extrapolée des propos.
Actuellement maintenu en détention depuis son arrestation le 24 avril 2026, Patrick Mengue dispose d’un délai légal de dix jours à compter du prononcé du jugement pour interjeter appel. Dénonçant une décision injustifiée au regard du droit, son conseil a officiellement annoncé l’intention de la défense de porter l’affaire devant la Cour d’appel afin de solliciter un réexamen intégral des faits et des qualifications juridiques retenues.











