La colère des riverains, palpable et bruyante, marque une rupture nette avec l’indifférence habituelle, traduisant un ras-le-bol qui dépasse le simple cadre d’un incident isolé.
Le catalyseur de cette révolte populaire réside dans une vidéo d’une rare violence symbolique, largement diffusée sur les plateformes de messagerie instantanée.
On y voit un soldat en uniforme, censé incarner la protection du citoyen, s’en prendre physiquement à un civil camerounais.
Ce qui scandalise davantage l’opinion, c’est l’asymétrie de la scène :
- Le militaire semble agir comme un bras armé au service des responsables chinois de l’établissement
- Il exécute une sentence corporelle sous leur supervision
Pour les habitants d’Elig-Edzoa, cette image a été reçue comme une humiliation nationale, ravivant les débats sensibles sur :
- Le respect de la souveraineté
- La dignité humaine dans les relations de travail avec les investisseurs étrangers
UNE MOBILISATION SPONTANÉE ET MASSIVE
Le rassemblement, d’abord constitué de quelques curieux, s’est rapidement transformé en une foule compacte bloquant l’accès au supermarché.
Les manifestants ont exigé :
- Le départ des responsables
- La mise sous scellés immédiate de l’enseigne
Les témoignages recueillis sur place font état d’une accumulation de frustrations liées :
- Aux conditions de travail
- Au traitement réservé aux employés locaux au sein de cette structure
La présence du militaire dans la vidéo est perçue non pas comme un acte isolé, mais comme le symptôme d’un système où la force publique serait détournée de sa mission régalienne au profit d’intérêts privés.
INTERVENTION DES AUTORITÉS
Devant l’escalade de la tension et la menace de pillages, le déploiement sécuritaire est devenu inévitable.
Harouna Nyandji Mbgatou, Sous-préfet de Yaoundé 1er, est descendu sur le terrain pour tenter de ramener la paix sociale.
Dans une posture de fermeté teintée de diplomatie, il s’est frayé un chemin au milieu des manifestants pour engager un dialogue direct.
UNE PROMESSE DE JUSTICE
Son message a été clair : justice sera rendue.
Il a insisté sur le fait que :
- Le Cameroun est un État de droit
- Personne, quelles que soient sa nationalité ou sa fonction, ne peut s’arroger le droit de rendre justice lui-même
- Aucun individu ne peut ordonner des sévices corporels
L’autorité administrative a également précisé que des enquêtes ont été ouvertes parallèlement :
- Par la gendarmerie
- Par les services de l’administration territoriale
OBJECTIFS DES ENQUÊTES
- Établir les responsabilités des gestionnaires du supermarché dans l’instigation de ces violences
- Identifier et sanctionner le militaire pour manquement grave à l’éthique et à la discipline de corps
En promettant des sanctions exemplaires, le Sous-préfet a réussi à obtenir une dispersion progressive de la foule, bien que le quartier reste sous surveillance étroite.
Cette crise à Elig-Edzoa pose désormais la question plus large du contrôle des entreprises étrangères opérant sur le territoire.












