La mise sous surveillance des terminaux mobiles non dédouanés dans le système CAMCIS a provoqué un sursaut de conformité chez les importateurs. En quelques jours, l’État a enregistré un regain significatif de recettes, sur fond de durcissement administratif.
La décision du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, n’a pas seulement produit un effet réglementaire. Elle a déclenché une onde de choc dans la chaîne d’importation des terminaux numériques. Fin avril 2026, les services douaniers ont mis au jour plus de 700 000 téléphones portables non dédouanés dans le système CAMCIS, révélant l’ampleur des écarts entre déclarations fiscales et réalité des flux commerciaux.
Face à cette situation, l’administration a opté pour une réponse rapide et dissuasive : le blocage de tous les téléphones non régularisés recensés dans la base de données à compter du 30 avril 2026. Une mesure administrative qui, dans les faits, a transformé un stock virtuel en dette fiscale exigible.
Effet de rattrapage et pression sur les importateurs
La réaction du marché ne s’est pas fait attendre. En l’espace d’une semaine, importateurs professionnels et opérateurs occasionnels ont massivement procédé à la régularisation de leurs positions. Le signal envoyé par les autorités a agi comme un mécanisme de contrainte immédiate, réduisant les marges d’évitement fiscal.
Selon les premières données disponibles, cette mise en conformité accélérée aurait généré plus de 200 millions FCFA de recettes en sept jours. Un niveau jugé significatif au regard du segment concerné, mais surtout révélateur d’un potentiel fiscal longtemps sous-exploité dans le commerce des terminaux numériques.
CAMCIS, révélateur des zones grises
Au-delà de l’effet conjoncturel, l’opération met en lumière les capacités de traçabilité du système CAMCIS, désormais au cœur de la stratégie de modernisation douanière. L’identification de centaines de milliers d’appareils non apurés illustre à la fois les progrès de la digitalisation et les résistances persistantes à la formalisation des échanges.
Dans ce contexte, la fermeté affichée par le ministère apparaît comme une tentative de rééquilibrage : rendre la base taxable plus exhaustive, tout en envoyant un signal de discipline aux opérateurs économiques.
Une stratégie de dissuasion fiscale assumée
Si l’épisode des téléphones n’épuise pas la question des recettes douanières, il confirme une tendance : l’administration privilégie désormais des mesures ciblées, appuyées sur les données numériques, pour réduire les fuites fiscales. Reste à savoir si cet effet de rattrapage ponctuel pourra se transformer en dynamique durable de conformité.












