En prélude à la Journée Mondiale de la Biodiversité, le REFADD ( Réseau des femmes Africaines pour le Développement Durable) a organisé du 21 au 22 mai 2026, un atelier régionale hybride pour sa contribution à la révision du plan de convergence de la COMIFAC.
Ainsi, les différents points focaux par pays, ont exposé.
Ces échanges en ligne ont connu une grande participation.
Ceci autour de la Coordinatrice régionale Mme Monique Yigbedek, de l’expert Suivi Évaluation/ COMIFAC, M. Valerie Tchuante Tite, Tamoifo Nkom Marie, et de Aline Kana Fomekong.
La plus value de l’expertise des autres membres des 11 pays de l’Afrique Centrale, a permis d’avoir un atelier conséquent.
À l’heure où le Bassin du Congo subit les pressions combinées de la déforestation, du changement climatique et des intérêts miniers, la révision du Plan de convergence de la COMIFAC ouvre une nouvelle séquence politique en Afrique centrale.
Au cœur des débats : la gouvernance forestière, l’intégration des communautés locales et surtout la montée en puissance des femmes dans les mécanismes de décision environnementale.
Une réforme stratégique pour l’Afrique centrale
La révision du Plan de convergence 2026-2035 de la COMIFAC dépasse largement le cadre technique.
Elle constitue un repositionnement stratégique des États d’Afrique centrale face aux enjeux climatiques mondiaux.
Depuis plusieurs années, les forêts du Bassin du Congo sont devenues un espace de compétition économique et diplomatique où se croisent intérêts environnementaux, exploitation des ressources naturelles et impératifs de développement.
Avec plus de 318 millions d’hectares de forêts tropicales, le Bassin du Congo représente l’un des principaux puits de carbone de la planète.
Ses tourbières stockent des milliards de tonnes de carbone et jouent un rôle majeur dans la régulation climatique mondiale.
Pourtant, cette richesse écologique reste fragilisée par l’exploitation forestière illégale, l’extension des surfaces agricoles, les activités minières et la croissance démographique.
Face à cette réalité, la COMIFAC cherche à moderniser son cadre d’action.
Le futur Plan de convergence ambitionne d’aligner les politiques forestières régionales sur les grands engagements internationaux, notamment l’Accord de Paris, l’Agenda 2030 et les nouveaux objectifs mondiaux sur la biodiversité.
Le REFADD et l’offensive des femmes dans les politiques forestières
C’est précisément sur ce terrain que le REFADD tente d’imposer sa marque.
À travers l’atelier régional consacré à la révision du Plan de convergence, le REFADD défend une vision inclusive de la gouvernance environnementale.
Pour le réseau, les femmes ne doivent plus être considérées comme de simples bénéficiaires des politiques forestières, mais comme des actrices stratégiques de la conservation et du développement durable.
Cette approche repose sur une réalité souvent ignorée : dans les zones rurales d’Afrique centrale, les femmes jouent un rôle central dans la gestion des ressources naturelles, l’agriculture familiale et la transmission des savoirs traditionnels.
Le REFADD souhaite ainsi intégrer les problématiques de genre dans les six axes prioritaires du futur Plan de convergence.
Il s’agit notamment de renforcer la participation des femmes dans les instances de décision, d’améliorer leur accès aux financements climatiques et de mieux prendre en compte leurs besoins dans les politiques de conservation.
La COMIFAC semble désormais accompagner cette dynamique.
L’institution régionale dispose déjà d’une stratégie genre et affirme vouloir faire de l’inclusion un pilier du nouveau dispositif régional.
Le recrutement d’une femme comme consultante principale pour la révision du Plan illustre cette volonté politique.
Une diplomatie environnementale en recomposition
Au-delà des questions forestières, cette révision traduit une recomposition plus large de la diplomatie environnementale africaine.
Les forêts du Bassin du Congo attirent aujourd’hui bailleurs internationaux, ONG, institutions multilatérales et grandes puissances engagées dans les politiques climatiques mondiales.
Dans ce contexte, la COMIFAC cherche à consolider son rôle de plateforme régionale de coordination.
L’enjeu est double : préserver la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles tout en mobilisant les financements internationaux nécessaires à la conservation.
Le succès du futur Plan de convergence dépendra toutefois de sa capacité à dépasser les déclarations politiques.
Car la protection durable des forêts d’Afrique centrale ne pourra être crédible sans gouvernance efficace, financements pérennes et participation réelle des populations locales.
Et c’est peut-être là que réside la principale nouveauté de cette réforme : la conviction croissante que l’avenir des forêts du Bassin du Congo se jouera autant dans les villages et les communautés que dans les sommets diplomatiques.
photos du REFADD BURUNDI:


photo de REFADD CAMEROUN:











