Au terme de deux journées de travaux intenses, les administrations douanières du Tchad et du Niger ont franchi un cap décisif dans la modernisation de leurs relations bilatérales. Sous la houlette du Général de Division Ousman Brahim Djouma, Directeur général des Douanes et Droits Indirects du Tchad, et de son homologue nigérien, le Colonel Mohamed Yakouba Siddo, les deux nations ont officiellement acté l’interconnexion de leurs systèmes informatisés, promettant une fluidité inédite pour les opérateurs économiques des deux rives. Cette signature marque l’aboutissement d’une visite de travail stratégique entamée deux jours avant, lorsque la délégation nigérienne a foulé le sol tchadien. L’objectif affiché dès les premiers échanges était clair : dépasser le simple cadre des relations fraternelles historiques pour bâtir un écosystème commercial opérationnel et pragmatique. Comme l’a souligné le Colonel Siddo dès son arrivée, il s’agissait de lever les barrières non tarifaires qui entravent encore trop souvent le développement des pays de l’hinterland. Pour le Tchad et le Niger, deux États sans littoral maritime direct, la sécurisation et la rapidité du transit des marchandises ne sont pas des options, mais des impératifs de survie économique.
Les discussions techniques, menées par les experts des deux délégations, ont ainsi accouché de deux instruments juridiques structurants qui redéfinissent les règles du jeu. Le premier document, une Instruction Cadre en matière de transit, vient harmoniser les procédures pour éviter les goulots d’étranglement aux frontières. Le second, et sans doute le plus novateur, est le Protocole d’accord relatif à l’interconnexion des systèmes informatisés. Concrètement, cette digitalisation partagée permettra un échange de données en temps réel, réduisant drastiquement les délais de dédouanement, minimisant les risques de fraude et offrant une transparence accrue sur toute la chaîne logistique. Dans une atmosphère solennelle, le Général Ousman Brahim Djouma a qualifié ces accords de « pacte de confiance pour le développement économique » des deux États, insistant sur le fait que ces signatures ne doivent pas rester lettre morte. Faisant preuve de pragmatisme, le patron des douanes tchadiennes a immédiatement instruit les équipes techniques de mettre sur pied un groupe de travail conjoint. L’urgence est désormais de mise : les spécifications techniques arrêtées doivent être respectées à la lettre pour que l’interconnexion soit effective dans les plus brefs délais, transformant ainsi les ambitions diplomatiques en réalité tangible pour les transporteurs et les commerçants.













