À Yaoundé, Douala, Bafoussam ou Ngaoundéré, l’état des routes urbaines est devenu l’un des principaux facteurs de désorganisation de la vie quotidienne. Nids-de-poule, chaussées déformées, voiries inondées à la moindre pluie : la dégradation du réseau routier urbain traduit les limites structurelles de la gestion des villes camerounaises, confrontées à une croissance démographique rapide et à des moyens financiers insuffisants.
Selon les données officielles, moins de 35 % du réseau routier urbain est bitumé, et une grande partie de ces routes bitumées est aujourd’hui en état moyen ou mauvais. À Douala, capitale économique qui concentre près de 40 % de l’activité nationale, certaines voies secondaires deviennent impraticables plusieurs mois par an, perturbant la circulation des marchandises et des personnes. À Yaoundé, les embouteillages chroniques sont aggravés par la réduction de la chaussée causée par les affaissements et les travaux de réparation ponctuels.
Les causes sont multiples : faible investissement des communes, dépendance aux financements de l’État, exécution souvent approximative des travaux et surtout absence de réseaux d’assainissement efficaces. L’eau, ennemi numéro un de la route, accélère la dégradation des chaussées, transformant chaque saison des pluies en épreuve pour les usagers.
Le coût économique est élevé. Hausse des frais de transport, usure prématurée des véhicules, perte de productivité : les routes dégradées pénalisent aussi bien les ménages que les entreprises. Face à l’urgence, les pouvoirs publics évoquent des programmes de réhabilitation ciblés et une meilleure coordination entre l’État et les collectivités territoriales. Reste à transformer ces annonces en chantiers durables, à la hauteur des ambitions urbaines du pays.
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