Après des mois de double facturation imposée aux importateurs, l’annonce du remboursement par la société SGS se veut un geste de normalisation. Mais derrière cette mesure technique se dessine une crise plus profonde, mêlant rivalités économiques, luttes d’influence et fragilité de l’autorité publique.
Une crise née des contradictions de l’État
En ordonnant la restitution des montants indûment perçus, le ministre des Finances Louis Paul Motaze tente d’éteindre un incendie devenu politiquement coûteux. Pendant des semaines, les opérateurs ont dû payer deux fois pour une même prestation de scanning au Port autonome de Douala, faute d’arbitrage clair entre concessionnaires concurrents.
Ce dysfonctionnement n’a rien d’anodin. Il révèle un État tiraillé entre décisions administratives contradictoires et incapacité à imposer une chaîne d’autorité cohérente sur une infrastructure stratégique.
Une facture lourde pour l’économie
Le port concentre l’essentiel du commerce extérieur du Cameroun et sert de débouché aux pays enclavés voisins. La double facturation a donc eu un effet immédiat : hausse des coûts logistiques, ralentissement des opérations et menace inflationniste.
Pour les entreprises, cette situation a été vécue comme une taxe déguisée. Pour les investisseurs, elle renforce l’image d’un environnement imprévisible, où les règles peuvent changer sans préavis.
Le symptôme d’une lutte d’influence
Au-delà de la technique, la crise du scanning renvoie à la bataille silencieuse autour de la rente portuaire, l’une des plus lucratives du pays. Chaque concession y représente un enjeu financier majeur, mais aussi un levier de pouvoir.
Le remboursement annoncé apaise les tensions sans répondre à la question centrale : qui contrôle réellement les flux économiques stratégiques ? Tant que cette gouvernance restera opaque, le risque de nouvelles crises demeurera.
En somme, l’épisode du scanning n’est pas clos : il révèle un malaise structurel où la gestion des monopoles publics devient le théâtre d’affrontements politiques feutrés.












