La Coupe d’Afrique des nations, grand-messe du football africain, devait être une parenthèse de ferveur et d’unité. Elle s’est pourtant accompagnée, dans plusieurs villes du continent, de débordements inquiétants à l’issue de certains matchs. Accidents de la circulation, affrontements entre supporters, pillages ponctuels et dégradations de biens publics ont assombri des célébrations pourtant légitimes.
Ces violences, souvent nocturnes, révèlent une combinaison explosive : exaltation collective, consommation excessive d’alcool et encadrement sécuritaire parfois insuffisant. Dans certaines capitales, la victoire d’une équipe nationale a rapidement basculé en chaos urbain, mettant à rude épreuve les forces de l’ordre et les services de secours.
Au-delà des faits divers, ces incidents posent la question de la responsabilité collective. Le football, miroir grossissant des sociétés africaines, expose aussi leurs fragilités : jeunesse en quête de reconnaissance, frustrations sociales latentes et déficit d’espaces d’expression encadrés. Les autorités, souvent promptes à déployer la force après coup, peinent encore à anticiper ces dérapages.
La CAN demeure un formidable vecteur de cohésion et de rayonnement continental. Mais sans prévention, sensibilisation et organisation rigoureuse des festivités, la passion sportive risque de continuer à flirter dangereusement avec le désordre. Le défi est clair : préserver la fête sans sacrifier la sécurité.
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