Porté par l’entrepreneur agricole Samuel Tony Obam, le concept d’incubation massive pourrait offrir aux candidats un bilan concret… avant même d’être élus.
Une réponse pragmatique au chômage des jeunes
Dans un pays où la jeunesse représente l’essentiel de la population, la promesse présidentielle de 50 milliards de FCFA destinés aux projets jeunes suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes. Le principal risque n’est pas le manque d’argent, mais l’absence de projets crédibles capables d’absorber ces fonds.
Cité comme exemple de réussite par le président Paul Biya, Samuel Tony Obam alerte : sans accompagnement technique, commercial et financier, ces ressources pourraient rester inutilisées. Son diagnostic est sévère — beaucoup de jeunes ont des idées, mais peu disposent de dossiers suffisamment structurés pour convaincre banques et administrations.
D’où son plaidoyer pour une incubation intensive, centrée sur une filière à forte demande : la banane-plantain, pilier alimentaire et économique du Cameroun.
« Un jeune, une plantation, un avenir »
Le programme proposé repose sur une logique simple : transformer rapidement un demandeur d’emploi en exploitant agricole opérationnel. Pendant la formation, les participants acquièrent des compétences agronomiques, financières et commerciales. À la sortie, ils reçoivent un kit complet — plants sélectionnés, équipements de protection, outils de base — permettant un démarrage immédiat.
Mais l’innovation majeure réside dans l’approche « chaîne de valeur ». Il ne s’agit pas seulement de produire, mais aussi de savoir stocker, transformer et vendre. L’objectif : sécuriser les revenus dès les premières récoltes et éviter les échecs fréquents liés à l’isolement des petits producteurs.
Une stratégie gagnant-gagnant pour les élus
Le dispositif vise explicitement les maires, députés et élites locales. La filière s’engage à subventionner 70 % du coût de l’incubation, laissant aux collectivités ou mécènes une contribution limitée. En échange, l’élu peut revendiquer la création directe d’emplois durables sur son territoire.
À l’heure où la crédibilité politique se mesure de plus en plus à l’aune des résultats tangibles, l’argument est redoutable : financer quelques dizaines de jeunes agriculteurs coûte moins cher qu’un grand projet d’infrastructure, mais produit un impact social immédiat.
L’agriculture, nouveau terrain électoral
La diffusion d’images de la première cohorte de jeunes incubés en 2026 vise à prouver que le modèle fonctionne déjà. Derrière l’opération de communication, une conviction : l’avenir économique du pays passera autant par la valorisation de ses terres que par l’industrialisation.
En repositionnant l’agriculture comme secteur moderne, rentable et structurant, Samuel Tony Obam propose aux candidats une promesse simple à présenter aux électeurs : non plus des emplois hypothétiques, mais des revenus concrets.
À quelques mois du scrutin, la banane-plantain pourrait ainsi devenir bien plus qu’une culture vivrière — un symbole de souveraineté économique… et un outil décisif de conquête du pouvoir local.











